AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
welcome message
Bienvenue sur ITP, forum fantastique où la magie des pierres précieuses vous emmène à la rencontre du passé!
Pensez à jeter un coup d’œil aux annexes et aux scénarios pour faire plaisir à un de nos membres chéris ♥
N'oubliez pas que vous avez 7 jours pour terminer votre fiche.
long live itp
N'oubliez de voter régulièrement sur les topsites
Mais aussi, remontez régulièrement le sujet Bazzart
pour attirer les futurs membres et faire vivre le forum
Respecter les tendances des pierres est primordial.
Chaque famille a été pensée avec une caractéristique dominante.
Les traîtres dans la famille des traîtres, les maudits chez les maudits et ainsi de suite!
merci de respecter celle-ci.
Porter le patronyme d’une famille n’est pas obligatoire.
Vous pouvez être un de Montebello sans vous appeler de Montebello.
Il y a plusieurs raisons pour que votre nom ait été modifié. Soyez inventifs.
Il est fortement conseillés de porter votre propre patronyme.
attention aux noms de familles à particule
En effet, une particule (de, d') est un signe de noblesse et n'a donc aucune majuscule.
Veuillez respecter l'orthographe des noms de familles s'il vous plaît.
Plus de place dans l’une des familles, pas de panique.
Cela veut dire qu’elles sont toutes prises dans le présent.
Toutefois, les places du passé ne sont pas comptabilisées,
vous pouvez donc vous rabattre sur cette possibilité.
Choisir mon duo?
Deux possibilités s’offrent à vous.
Soit vous allez dans le sujet prévu à cet effet.
Soit vous allez directement demander sur la fiche de lien d’un membre.
Ma pierre, mon pouvoir.
Le pouvoir de la pierre s’obtiendrait en effectuant un test rp/mise en situation.
Les places étant limitées, nous voulons ainsi éviter trop d’inégalités
et surtout de donner le pouvoir à un joueur qui ne l’utiliserait pas, ou pas correctement.

Partagez | 
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: - hide away, like a ghost (adrien) -   Lun 15 Fév - 21:58

Le tract qu'elle lui tend et le froncement de sourcils comme simple réponse au prospectus dirigé vers elle. L'oeil inquisiteur qu'elle fait rapidement passer sur la première page aux couleurs sobres, les quelques écritures, rares, qu'elle tente de distinguer en plissant les yeux alors qu'elle ne daigne pas faire un pas pour s'approcher davantage. Le geste est accentué par un léger coup en avant pour lui faire comprendre que le papier ne lui fera aucun mal, quand bien même toutes deux le savent. Arielle dessine l'ombre d'un sourire qui vient fendre son faciès, la grimace dissimulée qu'elle ne veut pas montrer à son interlocutrice. L'autre et elle, c'est la relation amicale qui s'est effritée quand les vérités d'un seul parti ont été dévoilées. Porteuse de gène, tout ce qu'elle répugne et qui gâche les bons goûts de la voyageuse du temps qui lui fait face, candide, naïve et aveuglée par la machination que la florentine fait traînasser depuis près de trois années. Au sein de la Loge, elle n'est que la professeur de danse, celle que l'on a toisé dès son arrivée, celle à qui on a voulu tester les capacités en titillant les nerfs qu'elle gardait détendus. Avec difficulté, qui ne demandaient qu'à céder et faire sortir l'impulsion qui venait fracasser chacun de ses membres. Essence calmée, après quelques temps, après les habitudes, les routines adoptées et qu'elle s'est résignée à approuver. C'était ça, ou rien. Ça, ou un apprentissage inutile qui ne lui serviraient en aucun cas. Ça, ou le regard d'un paternel qui n'aurait pas compris la décision, celle de la voir se retirer de l'Ordre Arcane, celle de la voir finalement tout abandonner pour des futilités. Arielle, elle a été formatée, elle a été programmée pour un seul objectif et ce n'est certainement pas le travail de toute une vie, de toute une enfance, une adolescence, qu'elle abandonnera pour d'ordinaires plaisirs individualistes. Se rendre utile, être un atout pour l'Alliance, pour les missions mises en place depuis des décennies. Ëtre un soldat du Seigneur, l'aider à débarrasser le monde des crasses, c'est une dynamique dont elle ne peut s'abdiquer. La foi bien trop ancrée, le dévouement qui infeste au plus profond de ses entrailles, qui leurre parfois même le bon sens et la clairvoyance dont elle devrait faire preuve. L'Alliance, qui régit son existence. Toute son existence. « Qu'est-ce que c'est ? » qu'elle interroge, voix fluette, ton étonné, bonne surprise, les doigts venant effleurer le papier et finalement se refermer autour pour le saisir. Œuvres d'art. Vernissage. Et la date d'aujourd'hui inscrite au sommet de la page. Louve lui dit qu'elle ne peut pas y aller. Qu'elle aurait apprécié, mais qu'un empêchement s'est immiscé. Sûrement quelque chose à voir avec la Loge. Un saut dans le temps. Un entraînement. Elle reste vague et elle tourne les talons, elle disparaît dans le labyrinthe que forment les multiples couloirs après un brève signe de tête, qu'elle mêle dans un large sourire qu'Arielle reproduit à son tour. Le carrure effacée de son champ de vision, elle se permet de scruter une dernière fois le papier avant de le plier dans tous les sens, et le mettre dans la première poubelle qu'elle rencontre. La florentine, elle n'a pas que ça à faire. Ni même la tête ou le cœur, à se rendre à de tels événements alors que ses pensées sont occupées à la résolution d'autres tâches. Et pourtant, à vingt heures tapantes alors qu'elle enfile son manteau, qu'elle met son sac à main sur l'épaule gauche, prête à quitter les lieux pour rejoindre son propre logement à quelques stations de métro, son regard croise le papier froissé. Avoir une vie. Que ce soit les membres de l'Alliance ou ceux de la Loge, elle l'a remarqué. Ils ont tous, ou du moins pour une grande majorité, quelque chose d'autre à côté. Quelque chose qui ne se résume pas aux fonctions qu'ils possèdent dans les organisations dans lesquelles ils font parti, qui n'est absolument pas lié. Arielle, elle n'a rien. Ou alors, elle trouve le moyen de faire en sorte qu'il n'y ait rien. Elle ferme les paupières, elle fait comme si. Arielle, elle trompe le monde de ses mensonges, de ses fabulations qu'elle énonce continuellement et dans lesquelles ils se perdent, tous. Sauf elle, quand bien même elle aimerait parfois retrouver l'ingénuité d'antan, croire à ses propres sournoiseries. Elle le sait, qu'en dehors de tout ça, quelque chose l'attend. Quelqu'un, plutôt. Ce serait plus facile, plus aisé, de fermer les yeux, de mettre un voile devant les iris pour jouer les crédules mais surtout plus lâche. Et parfois, ça ne la dérange pas d'être aussi peu hardie, si ça évite les conflits, les prises de tête et les vaines batailles. Peut-être parce qu'elle se sait battue d'avance. Trente minutes plus tard, près du Musée Carnavalet, sans même prendre le temps de faire un saut chez elle, elle se tient devant la façade de béton, ornée de quelques affiches qu'elle ne prend pas la peine d'observer plus longtemps. La porte qu'elle pousse, les lumières qui lui éblouissent les yeux, qu'elle plisse instinctivement pour essayer de discerner ce qu'elle a autour d'elle. Si elle avait gardé le prospectus, elle aurait au moins su ce qu'elle venait voir, elle aurait au moins pu essayer une approche dans les petits groupes, bien trop nombreux, de deux à quatre personnes, qui conversaient avec des flûtes de champagne à la main, des rires discrets qui venaient égayer les murmures qu'elle n'entendait que difficilement. Elle, elle se contente de faire de petits pas entre les silhouettes, de slalomer entre les groupuscules. De chercher une place, près d'un tableau quelconque qu'elle se plairait à contempler le temps d'un instant, avant de se demander pourquoi elle était là. Œuvre trouvée, là, dans un coin de la salle alors qu'elle tend le bras pour s'approprier le verre de champagne. Elle se positionne devant la peinture, bien trop abstraite pour qu'elle puisse ne pas réfléchir aux significations qu'elle ne trouverait peut-être jamais derrière les coups de pinceaux. Mais ça occupe. Ça occupe, et ça permet de penser à autres choses qu'aux sujets qui animent son quotidien. Quotidien qui revient rapidement au galop, avant même qu'elle ne s'en rende compte.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Lun 15 Fév - 23:36

Arielle est hors de portée. Avec le réflexe qui sied aux soldats, il calcule qu'une balle mettrait une demi seconde à lui perforer le crâne. Il faudrait à un homme, de bonne constitution, moins de vingt secondes pour venir lui loger une lame entre les reins. Il sait qu'il suffit d'un seul de ses propres regards, directs ou appuyés, pour menacer sa vie entière, fragile, éphémère et précieuse qu'à lui. Alors Adrien s'oblige : il passe le coin de la rue et elle disparaît à sa vue. Parce qu'il lui est interdit de s'adresser à elle, de la rencontrer et Dieu seul sait quelles autres choses encore, il s'enfonce davantage dans le quartier, par les ruelles et les venelles, remontant les allées, s'attardant face aux vitrines et lorgnant les étals. A l'allure qu'elle tient, Arielle débouche seulement sur la rue des Francs Bourgeois. De son côté, Adrien fend le Jardin des Rosiers et, lâchant quelques pièces dans la paume du kiosquier, il feint d'ignorer la silhouette familière qui s'éloigne à l'autre bout de l'artère.

« Qu'est-ce que tu fais là... » Le regard plissé, Adrien se plante devant le Carnavalet. Certes pas stupide, il s'est engouffré dans une terrasse et s'est installé à une table qui fait l'angle. Une cigarette portée aux lèvres, l'autre main remue le liquide dans le verre sans l'abreuver. Il inspecte son propre scepticisme à la recherche des motivations de la jeune femme. Elle était seule. Elle n'attend personne alors qu'elle piétine près de l'entrée. Adrien soupçonne une certaine nervosité, mais il est trop loin pour pouvoir en jurer. Une brève recherche sur internet lui apprend l'exposition qui s'ouvre ce soir-là, ce qui ne colle pas davantage à la florentine. Ça fait même éclore un rictus moqueur sur la bouche d'Adrien. Ça ne traîne pas. Ce n'est pas le sentiment qui préside, ce soir. Il cherche encore. Entrée depuis un quart d'heure à présent, elle ne déserte pas et aucun mouvement de foule ne suggère qu'elle ait accompli un miracle florentin, dans la sueur et le sang. Ce n'est pas dans les habitudes de l'Ordre Arcane, de toute façon : bien qu'il le sache, Adrien ne peut s'empêcher d'y penser. Alors il se répète, la voix brisée : qu'est-ce qu'elle fait là. Aussi curieux que ce soit, c'est également inespéré et il n'en peut plus de son cœur, qui tambourine contre ses côtes en lui gueulant de s'avancer. Il est Grand Inquisiteur. Il n'a pas droit aux imprudences. Et s'il s'autorise déjà à la suivre, c'est en prétextant son mandat. En dépits de leur mission singulière, et incroyablement dangereuse, il est habilité à savoir ce qu'elle fait et surtout auprès de qui. La plupart du temps, Adrien n'y songe pas. Il se souvient d'Arielle comme il est facile et plaisant de le faire : quand elle n'a pas la vie aussi tendue qu'un fil qui presse contre une lame.  

Il est près de vingt-deux heures quand Adrien Laugier fait son entrée. Il a fallu appeler une connaissance ; charmante, la vingtaine, appâtée par l'argent et assez maligne pour lui servir d'alibi. Sans elle, il n'aurait jamais pu se présenter dans un musée aussi côté sans attirer l'attention. En revanche, s'il attise les regards, c'est pour mieux détourner les yeux de ce qu'il y a d'intéressant. Les autres, ils voient une jolie fille au bras d'un type qui ne la mérite pas, ils entendent les éclats cristallins de son rire et ils passent sur les billes féroces du bonhomme qui l'escorte. Après quelques minutes, on oublie qu'il n'a rien à faire là et si, par un hasard fort déplaisant, quelqu'un venait à le reconnaître, il prétexterait une sortie courtisane en salace compagnie. C'est peut-être la parade la plus vieille du monde mais c'est aussi la plus efficace.

Il lui faut vingt autres minutes pour s'esquiver. Flattant la tempe d'un murmure, il prétexte un passage aux toilettes. En route, il prend des chemins de traverse, uniquement destinés à le noyer dans la foule compacte des bourgeois-bohèmes attirés par l'art tapageur du moderne. Par moment, Adrien coule son regard sur une œuvre alors qu'il a la conscience perpétuellement figée sur Arielle. Depuis maintenant une demi heure, il la suit mentalement, élaborant les étapes compliquées qui doivent conduire à cet instant : « Tu es difficile à rencontrer, il dit sur un ton de conversation. » Et d'ajouter d'une voix égale : « Ne te retourne pas. » Il sait qu'elle sait. Mais il redoute, à raison, sa surprise. Il s'est arrêté dans son dos, à une distance correcte pour deux inconnus. Légèrement sur le côté, en retrait de l'espace aménagé à fin d'exposition, Adrien observe le tableau par-dessus son épaule. Cet angle malheureux lui arrache un commentaire brûlant : « Tu es belle, ce soir, il souffle comme on suffoque. » Un regard circulaire lui confirme que personne ne peut les entendre. Ils ne sont pas seuls, cependant que la rumeur des discussions couvre la galerie entière d'une confidence de plomb. C'est mieux, naturellement, parce qu'il se retient de prononcer cent autres choses encore. « On peut parler ? Ailleurs. »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mar 16 Fév - 1:49

Demander à Arielle d'exprimer ses sentiments les plus sincères, c'est lui demander de se mettre dans une position où le malaise s'empare d'elle. C'est l'obliger à user de mots qu'elle n'a pas l'habitude de prononcer, c'est l'obliger à s'expliquer alors qu'elle-même ne sait pas réellement le pourquoi de certaines de ses actions. La crainte qui l'anime ? Raison qu'elle ne dévoilerait pas, un autre mensonge qu'elle articulerait pour essayer de se sortir d'affaires sans avoir à fournir davantage de raisons. Arielle ne s'est jamais étonnée du peu d'individus qu'elle avait à ses côtés. Elle ne s'est jamais plaint de ces personnes qui venaient et partaient aussitôt qu'ils posaient le regard sur elle, comme si elle n'avait été le souvenir que d'un court instant, le suivant balayant son visage des mémoires. Elle ne marque pas les esprits, n'est pas celle qui viendra maculer d'une pierre blanche son passage dans les diverses existences avec lesquelles elle a parfois longtemps joué. Pourtant, elle s'est attachée aux âmes de certains, ne trouvant pas le moyen de les laisser s'en aller. Ou inversement, ces derniers ne voulant pas la voir déguerpir. La voix fait résonner en elle des souvenirs qu'elle a l'habitude de garder enfouis. Il lui dit de ne pas se retourner, et aucunement elle ne rompt le conseil, ou plutôt la directive qu'elle comprend d'elle-même. Aux yeux des autres, curieux et soucieux, ils ne sont que l'image de deux inconnus observant un tableau que peu ont pris la peine de regarder. Tentant tant bien que mal de rester de marbre, sa mâchoire s'est tout de même resserrée dès lors qu'elle l'avait entendu. Impossible de rester de marbre, impossible de garder totalement cet air indifférent collé aux traits de son visage et à l'allure qu'elle arborait alors que la surprise , et l'once d'incompréhension, s'étaient invitées. « Difficile à rencontrer, peut-être parce que je cherche à ne pas être trouvée... » Le murmure que l'on peine à distinguer, qu'il n'entend peut-être pas, ou seulement des bribes de sa tirade camouflée par les discussions voisines.  Elle ne le pense pas pour autant. Juste histoire de titiller, comme elle sait parfois si bien le faire. La coïncidence lui semble improbable, la rencontre hasardeuse qu'elle raie inéluctablement de sa liste de possibilités. Avoir été suivie ? Elle n'en est pas plus interloquée, ni même estomaquée. Cela reste une hypothèse qui a ses chances d'être réelle. Le compliment lui tire un sourire qu'elle ne montre pas et qu'il ne peut, dans tous les cas, pas distinguer. Ça lui fait plaisir tout comme ça l'irrite, peu habituée aux galanteries lancées à son égard. « Ce soir seulement ? » qu'elle se permet de souffler entre deux gorgées de champagne qu'elle se laisse ingurgiter. Pourtant, elle n'aime pas ça et on peut le voir sous le déformation du visage qu'elle se retient d'accentuer, le goût immonde du breuvage qu'elle n'a jamais pu supporter et qu'elle n'appréciera peut-être jamais à sa juste valeur. C'est soit ça, soit avoir le palais desséché étant donné que personne n'a l'air de connaître les carafes d'eau à chaque événement organisé. Faisant tournoyer la flûte de champagne entre ses doigts, Arielle sait que la conversation n'est pas terminée. Qu'elle ne sera pas prolongée dans un lieu aussi peuplé de langues bavardes et médisantes. Il ne faut que quelques secondes pour que ses pensées se confirment, la proposition d'aller ailleurs. Un ailleurs où la nuit serait muette, où l'on entendrait que les cœurs battants, les lippes se mouvant dans des explications articulées qu'elle ne saurait pas amener convenablement. Conversation qu'elle fuit depuis bien trop de temps, qu'elle ne peut plus éviter sous les échappatoires de dernières minutes. Arielle, tiraillée et contradictoire. Arielle qui chasse de ses pensées l'individu qui occupe la plupart d'entre elles en pensant qu'il ne sera qu'un frein dans ses missions, et qui l'instant d'après, s'y accroche comme jamais. L'indécision entre ce qu'elle doit faire, en loyauté envers l'Alliance, et ce qu'elle aimerait faire, la parole d'un palpitant qui trouve un certain plaisir à la voir dans la confusion. Une incompatibilité qui n'a peut-être pas lieu d'être entre ces deux choix. Faisant volte-face, elle pose son regard dans celui d'Adrien, accompagné d'un léger signe de tête comme pour lui faire passer un message, le tout mêlé à un sourire qu'elle esquisse sur le coin des lèvres, léger, imperceptible si l'attention est ailleurs. Elle entreprend la marche, elle, qui ne connaît pas réellement les lieux mais qui s'efforce de trouver ne serait-ce qu'un coin où la foule n'est pas autorisée à y poser les pieds. Sortir dans la rue n'est pas une possibilité. Pas à cette heure-ci alors que les corps déambulent encore sur les pavés, que les indiscrets susurrent inlassablement des on-dit dont elle ne veut pas être le sujet. Elle passe les portes ouvertes, passe derrière des murs tous si semblables, le naturel dans la gestuelle comme si elle savait où elle allait alors qu'elle était dans le flou total. Comme un labyrinthe qu'elle découvre pour la première fois. Elle ne cherche pas la sortie, simplement à s'enfoncer encore plus au cœur des multiples chemins. Des couloirs. Sûrement interdits au public. Sûrement, mais elle n'en prend pas vraiment compte. Le regard s'ancre à sa gauche puis à sa droite alors qu'elle s'approche d'un mur. Personne, le vide, le néant. D'un côté, ce n'était pas comme s'il y avait énormément de choses à voir. « C'est assez « ailleurs » pour toi ? » qu'elle se limite à énoncer alors qu'elle lui tend le verre de champagne qu'elle n'a pas voulu finir. Le ton ne se veut pas méchant. Peut-être le brin d'agacement, quelque part, tandis qu'elle creuse son faciès dans un mince sourire pour alléger ses dires.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mar 16 Fév - 11:24

Il ne menace pas son mensonge. Après trente-sept ans à en fabriquer un pour lui et un talent pour débusquer les traîtres qui n'est plus à prouver, Adrien connait la plupart des tours et des techniques qui permettent d'égarer un pisteur. Plus exactement, il sait comment trouver quelqu'un. A l'inverse, il sait comment le perdre. Et, cette nuit, ils n'ont pas de poursuivants dans le sillage ; ce qui est vrai pour le moment pourrait néanmoins se renverser et il n'a pas l'attention de piétiner trop longtemps la large galerie. De toute façon, pour ce qu'il aime cet art ridicule barbouillé par ses contemporains... Déjà qu'Adrien doit poser un regard convaincant sur les tableaux qui lui font horreur, aussi se forge-t-il un air sceptique à l'attention de ceux qui traîneraient les yeux à son endroit. Un boxeur un peu rustre ne comprendrait rien à l'art moderne, c'est certain, alors il s'enfonce les mains dans les poches, l'air dégagé et en même temps embarrassé, deux artifices parfaitement maitrisés pour éloigner les soupçons d'Arielle. Quand on prend la scène dans son ensemble, la jeune femme n'existe pas vraiment : il y a surtout cet homme, vaguement stupide, certainement ignorant, qui s'obstine à scruter une toile qui ne livre aucun de ses secrets à l'oeil inexpérimenté. Il s'ajoute une moue vexée.

« Ne commence pas, la prévient-il à voix basse. » Adrien ne se sent pas l'humeur de jouter en public à propos de sa beauté. Ce soir, elle est belle d'une façon fort curieuse. Probablement l'absence procure-t-elle ce qu'il faut de manque pour que les souvenirs en deviennent exceptionnels. A cette distance, il discerne surtout la marche qu'elle a effectuée dans les rues de Paris jusqu'au Carnavalet. Les mèches, qui s'échappent des cheveux attachés, se dressent par endroit, à hauteur du front, sur les tempes ou la nuque. Derrière elle flotte encore un parfum de rue, avec ses pierres, son béton, une vague senteur d'essence et quelque chose de plus subtil, comme du parfum. Instinctivement, Adrien fronce les sourcils. Si Arielle se parfume, elle le lui a caché et il doute fortement que ça apporte quoi que ce soit à son masque pour la Loge. Cependant, il ne dit rien. Il n'en a pas l'occasion et ça paraitrait affreusement déplacé, que ce soit pour les alentours ou pour eux-mêmes, d'ailleurs. Il ne fait que l'observer par le côté, tandis qu'elle se détourne du tableau, du vide, puis de lui. Leur regard glisse l'un sur l'autre comme s'ils ne se connaissaient pas et que, du reste, ils n'en avaient rien à faire. C'est tellement faux, Adrien devrait être bouleversé qu'il soit humainement possible de le feindre aussi bien. Avec la force de l'habitude, il lui laisse une minute d'avance. Il coupe par un tracé qu'elle n'a pas pris. Il prend sur la gauche et revient sur ses pas. Enfin, il se retrouve bientôt dans ses pas, tous les deux protégés des pupilles indiscrètes, dans un dédale qu'ils apprivoisent doucement.

Lorsqu'ils sont seuls, Adrien ne peut retenir un frisson d'anxiété. Quand se sont-ils vus pour la dernière fois ? Réellement vus. La suivre ou, le plus souvent, la faire suivre ne compte pas. Ce que le Grand Inquisiteur veut à Arielle Reinhart est, du reste, très différent de ce que veut Adrien Laugier. Il peine à se remémorer la dernière chose qu'il lui ait dite et, en-deçà de sa conscience, ça lui provoque une souffrance angoissée. Et le fait est qu'elle est belle. Cette chaleur est très différente. Alors il attrape la flûte en attardant ses doigts sur ceux d'Arielle et en avale quelques gorgées. Les bulles et l'alcool rompent le concert stupide de sa peur. « Tu es très loin des endroits où tu as l'habitude de traîner, fait-il remarquer pour toute réponse. » Adrien, lui, ne dissimule pas son agacement derrière un sourire. « Qu'est-ce que tu fais là ? il demande en rendant le verre sans toutefois l'abandonner. » Le Grand Inquisiteur a droit de le savoir et de le demander. L'homme, derrière l'office, ne peut pas l'exiger mais il s'impatiente de l'entendre. Pour une raison qu'il ne s'explique pas, il a littéralement besoin de l'apprendre de sa bouche. C'est peut-être ça, après tout... Cette bouche qui, pourtant silencieuse, lui dit qu'elle n'avalera plus une goutte du breuvage. Alors il ingurgite le reste de champagne et s'essuie le coin des lèvres d'un revers de la main. Ça le fait se sentir étrangement bien. Impossible que l'alcool produise déjà son délicieux effet alors que tout l'intérêt d'un placebo parvient à persuader son corps. Pourtant, Adrien ne se détend pas. Il est nerveux comme un adolescent.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mar 16 Fév - 14:19

La bouderie qu'elle esquisse sur ses traits en levant les yeux vers le plafond alors que l'avertissement est assimilé. Elle hausse les épaules sans prendre la peine d'énoncer une quelconque réponse qui lui grattouille le fond de la gorge, quelque chose de tranchant qu'elle se retient d'articuler. Elle n'a pas envie de provoquer l'irritation et de par le fait, risquer d'attirer les multiples œillades investigatrices qui les entourent. Eux, les deux silhouettes qui se tiennent à une distance convenable pour le rôle de deux inconnus qu'ils arborent et qu'ils aimeraient garder le temps de se dissiper de la foule, de s'estomper des spectateurs, regards indiscrets qui prennent un malin plaisir à venir étaler leur attention sur des sujets qui ne les concernent pas. Prenant les chemins détournés, elle effleure les groupes et porte vaguement sa réflexion sur les peintures qu'elle entrecroise. Dans la finalité de la marche, elle ne sait dire où elle se trouve si ce n'est que l'atmosphère qui en est dégagée est à la fois plus quiète que celle de l'assemblée qui se niche dans l'autre pièce, bien que le couloir dans lequel elle se situe libère une certaine angoisse qu'elle ne sait décrire. La nervosité car elle se trouve seule, face à lui. Que les mots n'ont plus besoin d'être étouffés par les dialogues d'autrui, qu'ils peuvent, l'un comme l'autre, exprimer ce qu'ils ont besoin d'énoncer. Sans détours, aucun, les voix peuvent désormais s'élever. Elle laisse la flûte de champagne s'échapper, frissonne au contact des phalanges  qui viennent effleurer les siennes, sensible aux contacts physiques, quand bien même légers, elle l'a toujours été. Le souffle qu'elle bloque le temps d'un instant avant d'à nouveau le stabiliser, Arielle supporte le regard ancré dans le sien sans ciller, pas même un battement de cils qui vient heurter le défi qu'elle s'autorise à laisser paraître dans ses iris. Ce qu'elle fait ici est une question qui plane aussi en elle. Ce qu'elle fait, elle ne le sait pas. Ce qu'elle tente de faire, non plus. « Parce que je traîne à des endroits particuliers d'habitude, si ce n'est à la Loge ? » Ce qu'elle fait ici est une question qui plane aussi en elle. Ce qu'elle fait, elle ne le sait pas. Ce qu'elle tente de faire, non plus. Si l'idée de se mêler à la foule pour essayer d'avoir une vie en dehors des activités qui occupaient l'esprit l'a effleuré quand elle a eu pour conviction de se rendre ce soir-là au musée, désormais, elle ne sait pas vraiment ce qu'elle vient faire dans cet élément qui n'est pas le sien. L'atmosphère des bobos parisiens, de la fausse bourgeoisie qui se plaît à exhiber les connaissances sur l'art moderne qu'elle ne comprend pas. « Cette question est demandée par le Grand Inquisiteur, ou l'autre ? » qu'elle fait en retenant cet air dédaigneux qui s'affiche sur son faciès, accentuant sur certains des termes qu'elle articule. Elle baisse finalement les yeux vers la coupe de champagne qu'il lui tend mais ne la récupère pas. Elle n'en veut pas et le simple coup d'œil lui fait comprendre qu'il peut la terminer s'il le souhaite. « J'essaie de faire comme tout le monde. » qu'elle dit d'une voix monotone tout en se laissant adosser au mur derrière elle. Vouloir faire comme tout le monde alors que la plupart de ces individus ne connaissent pas le dixième de ce qu'elle peut avoir en tête, vouloir agir normalement alors que l'existence a toujours été fondée sur des bases que d'autres ne verraient que comme absurdités. « Avoir un semblant de vie en dehors de... tout ça. » Tout ça, regroupant aussi bien la Loge que l'Alliance, que ce double-jeu qu'elle mène continuellement depuis trois ans déjà. Quelque peu affalée sur la paroi sur laquelle elle se tient, elle se redresse en fronçant légèrement les sourcils, laissant apparaître deux petits creux sur le bas de son front. La lèvre inférieure mordillée de l'intérieure, elle inspire avant de demander. « Mais la vraie interrogation, c'est plutôt ce que toi, tu fais ici. » qu'elle divulgue en désignant l'endroit dans quelques gestes maladroits. La présence d'Adrien, ça lui plaît tout comme ça la perturbe. Sentiments mitigés et contradictoires qui se battent les uns contre les autres, une bataille continuelle qui la rend à la fois feu et glace, deux facettes qu'elle expose aux yeux du Grand Inquisiteur car elle ne sait jamais avec laquelle réagir. Personnalité bipolaire, lunatique est celle qui veut mais qui ne prend pas, et qui se plaint par la suite de ne pas avoir ce qu'elle souhaite. « Si j'étais paranoïaque, je penserai au fait que tu me suives. » Elle sourit. C'est factice, purement artificiel, c'est mesquin, presque impérieux et impertinent. « Mais j'ai pas réellement envie d'y croire, que tu t'abaisserais à ce genre de procédé... » Même l'intonation, elle se veut  insolente et dédaigneuse, la fausse pointe de déception qu'elle laisse paraître dans les tirades qu'elle articule. Alors qu'elle sait. Elle a bien conscience du fait que ce n'est pas le heureux hasard, le simple coup du destin auquel elle a parfois du mal à croire, qui est derrière la rencontre qu'elle ne considère pas aléatoire. Tout, sauf ça.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mar 16 Fév - 15:12

« Je peux citer cinquante endroits où tu traines, d'habitude. » La réplique cingle, aussi paternaliste que s'il avait trente ans de plus qu'elle. La Loge, naturellement, son domicile, les rues qu'elle emprunte, le métro qu'elle prend, l'épicerie où elle s'arrête et même la boutique où elle a acheté le manteau qu'elle porte ce soir. Au milieu de localisations qu'il n'a pas aussi précisément en tête qu'il veut bien le dire, ils sont, cependant, tous deux conscients qu'Arielle n'a pas sa place à un vernissage ; ça ne fait pas partie de ses loisirs et c'est somme toute inutile à sa couverture. Ce qui redouble le doute d'Adrien, qui ne veut toujours pas admettre ouvertement qu'il n'a rien à faire là, qu'il aurait dû demeurer à distance et, finalement, s'esquiver avec ses interrogations plutôt que de venir la confronter. Il faut plaider pour lui qu'il est obligé de deviner, sinon de questionner, et ça vous tue un type, de le ronger avec de l'incertain. Or, Adrien n'est pas un homme de peut-être. Il veut la vérité, toujours, qu'il l'obtienne en son nom ou pour le compte du Grand Inquisiteur.  Alors il attend, même lorsqu'elle repousse le moment, avec tous les signes de l'exaspération manifeste alors qu'il bouillonne de tout autre chose en-dedans. Arielle sera bientôt forcée de l'éclairer, et il lui laisse, dans la douleur, encore le temps de décider par quel moyen elle entend le faire : patient et pressant le bord du verre avec le pouce, il se fiche éperdument qu'elle réponde au florentin ou à lui seul pourvu qu'elle réponde. De toute façon, l'explication est aussi incompréhensible pour l'un que pour l'autre. « De quelle vie est-ce que tu parles ? exagère-t-il sa perplexité. » Oh, Adrien n'est pas un idiot. Il avise les contours de la tentative, mais c'est assez curieux quand ça vient de sa part. Un formidable essai de distraction qui ne sied pas très bien à la très rigoureuse Arielle Reinhart. Ça lui provoque un rire sans joie à l'intérieur et il est obligé de se compléter : « Une vie qui ressemblerait à une vie ? » Ces nuances d'amertume se sont glissées à son insu. C'est qu'il est blessé, Adrien ; l'existence dont elle parle s'anime, pour le commun des gens, de moments partagés avec les êtres que l'on aime. Elle est terriblement injuste, et rien qu'un peu cruelle, lorsqu'elle se précipite dans cette galerie stupide plutôt que jusqu'à lui. Et, quoi que son réflexe soit puéril, il ne peut s'empêcher d'être fielleux aussi longtemps qu'elle le néglige. Voilà pourquoi il est là.

Il se renfrogne parce qu'elle pointe enfin le détail qui cloche dans cette entrevue. Arielle est encore libre de ses allers et venues – si c'est surveillé, ce n'est pas interdit. Et il suffit qu'Adrien baisse le regard rien qu'un instant... voilà, comme il le fait maintenant, et il s'avoue et se dénonce. Aussi fugace que ce soit, lorsqu'il rive de nouveau ses billes à celles d'Arielle, le Grand Inquisiteur s'émiette. Il n'en reste déjà plus grand-chose, au plus un nuage de poussières qui résiste et insiste par habitude. Une poignée de secondes, il hésite à se défendre en arguant son droit à la suivre et, réfléchissant à l'opportunité absurde de se confondre davantage, il opte pour une voie dérobée : « C'est mon travail de savoir où tu es. » S'il était pointilleux (et, par tous les Saints, il l'est !), Adrien se corrigerait : son travail consiste à s'assurer que ce qu'elle fait, et vues les raisons pour lesquelles elle le fait, ne parvient pas à lui corrompre la volonté. Ça ne consiste certes pas à la surprendre au milieu du Paris bourgeois et à l'interroger dans un couloir réservé au personnel du Carnavalet. Le fait qu'il l'ignore volontairement témoigne de toute son hypocrisie. « Et ne fais pas comme si ça t'étonnait, qu'il la gronde. » Ce timbre est difffcile à détacher. Adrien n'a pas envie d'être cet homme. Il n'a même pas envie qu'ils se disputent. « Je suis obligé de te suivre si je veux te voir, il tente un ton plus bas. Si j'étais paranoïaque, s'accroche-t-il au regard d'Arielle avec une lueur brûlante dans l'iris, je croirais que tu m'évites. »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mar 16 Fév - 19:44

Cinquante endroits alors qu'elle n'est elle-même pas capable de savoir où ses pas la mènent dans le quotidien qu'elle mène. Ici et là, elle vadrouille dans les allées parisiennes sans grands objectifs, à regarder les vitrines décorées de parures qu'elle aimerait parfois s'offrir. Souhait non-exaucé quand elle se rend compte que les prix ne sont qu'en sa défaveur et qu'elle pourrait certainement substituer ces biens voulus par d'autres, plus abordables. Quelle vie ? Justement, elle est là, l'interrogation qu'elle se pose quand la réalité est confrontée à celle d'autrui. Ces derniers, qui vivent dans une certaine ignorance et qui en gagnant des plaisirs insignifiants. Mais des plaisirs tout de même, qui se manifestent par ces sourires vivants, euphoriques et par-dessus tout, véritables. Elle sent dans l'intonation d'Adrien, la pointe d'aigreur qu'il ne dévoile pas entièrement et ça la fige. Elle ressent presque les remords, la conscience qui lui inflige d'accepter et d'admettre que le comportement qu'elle révèle n'est certainement pas celui attendu. Elle ne répond pas, ne trouve pas matière à former une phrase cohérente qui signifierait quelque chose ou bien même le dixième de ses pensées. Ça lui semble stupide, ce qu'elle a dit. Avoir une vie comme les autres alors qu'elle a choisi la voie dans laquelle elle est aujourd'hui. Qui blâmer si ce n'est elle ? La naïveté de l'époque lui avait donné des illusions, pouvoir entremêler plusieurs existences en une, innocente et jobarde croyant pouvoir être sur les différents fronts. « Donc tu viens en tant que Grand Inquisiteur. » qu'elle dit alors qu'il lui affirme que compte tenu de son rôle au sein de l'Alliance, il doit savoir où elle se trouve. L'emplacement et quand, à chaque instant. Pas de répit, donc pas de vie à proprement parler pour celle qui se rend compte, encore une fois, que c'est vain de vouloir se perdre dans des espérances qui ne réaliseront jamais. Arielle, elle fait la distinction. Quand on vient la voir sous la fonction exercée, elle se comporte avec l'attitude convenue. Quand c'est flou, elle ne peut simplement pas réagir d'une seule et même façon. Quand le personnel se mêle aux tâches données par l'Alliance, ce n'est pas pareil, c'est différent, bien plus délicat, ou peut-être est-ce simplement elle qui ne se rend pas compte qu'elle complique foncièrement les choses. Comme maintenant, dans ce couloir déserté. En face d'elle, le Grand Inquisiteur, qui en-dessous de cette charge hiérarchique, est bien plus à ses yeux. Chose qu'il sait, ou devrait savoir, quand bien même elle ne le montre pas. Parce que trop têtue, trop bornée pour laisser paraître des sentiments qu'elle a compressé en elle il y a déjà quelques temps, ne leur laissant la liberté de gambader que durant de rares occasions. « Je ne t'évite pas. » qu'elle répond en appuyant vivement son regard dans le sien. Il marque néanmoins un bon point. Il est obligé de la suivre pour espérer l'apercevoir. La voir, c'est souvent plus compliqué. A cause d'elle, à cause des faux bonds qu'elle n'a eu de cesse de lui infliger. « Ou peut-être que si. Mais seulement parce que j'ai un travail à faire à côté. » Ou comment se cacher derrière l'excuse lamentable de la mission donnée qui régirait l'entièreté de son existence. Avec une poignée d'efforts, elle pouvait certainement se permettre de le voir. Certainement. C'est même sûr, l'incertitude, on la balaie, ce serait se mentir à elle même si elle arrivait, par une quelconque méthode, à se convaincre du mensonge qu'elle énonce. « Si les mauvaises personnes nous voient ensemble... » Elle laisse planer la fin de la phrase, tous les deux sachant ce qu'il adviendrait des acharnements endurés durant les dernières années. « Je veux dire, tu sais très bien où je souhaite en venir. Le travail. Avant tout le reste. » Elle ne le pense en aucun cas. Du moins, elle reste mitigée sur la question. Possibilité, ou non, de mêler une relation à sa double-vie ? Un côté dirait que oui, l'autre non. Tout dépend d'où elle se situe dans l'équation. Si elle est une variable facilement annulable, ou si elle est une une donnée indispensable. « Tu l'as très bien compris il y a quelques années, pour avoir ta sainte personne sur le trône de la pénitencerie, alors je suppose que tu peux en faire de même aujourd'hui. » Et parfois, Arielle, elle parle avant même de penser à mettre la machine en route, la réflexion qu'elle ne prend pas le peine de faire, l'oubli de tourner la langue sept fois dans sa bouche avant de dire quelque chose qu'elle pourrait amèrement regretter mais qu'elle ne regrettera pas. Parce qu'au final, tout se rejoint à ce moment-là qu'elle mentionne, vaguement, mais qu'on comprend aisément. Arielle, elle craint l'abandon, donc elle repousse. Le jour où on la jettera pour une raison quelconque, peut-être pour quelque chose de futile, ou alors pour quelque chose de plus grave, une rumeur, l'égarement, la traitrise, le seul faux pas qui lui collera une étiquette. Et s'il a pu faire ça à sa sœur au nom de l'Alliance, qu'est-ce qu'il pourrait lui faire, à elle ? Arielle, elle veut être au-dessus de l'organisation dans les yeux d'Adrien. Mais sachant que le Grand Inquisiteur et lui ne font désormais qu'un, elle doute des valeurs morales qu'elle a pourtant vu en lui les premières fois.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mar 16 Fév - 22:34

Imperturbable, Arielle soutient son regard avec aplomb et sa provocation avec un flegme professionnel. Aussi longtemps qu'ils ont vécu à l'ombre de l'Alliance, ils se sont entrainés à jouer avec la vérité, utilisant ses travers et sa noirceur pour mieux dissimuler leurs intentions. Ce n'est pas seulement le gage de leur réussite, c'est la condition de la survie. Avec une ironie que goûterait certainement le destin s'il est un brin pervers, les deux florentins esquintent cette arme l'un contre l'autre. Elle ne lui ment pas exactement. Elle est loin de dire la vérité. Elle n'a pas besoin de lui mentir. Il ne la croirait pas. Pourtant, on dirait qu'elle est innocente, qu'elle ne fait pas exprès de repousser ce moment et qu'elle est réellement accaparée par l'ampleur de sa tâche. Qui mieux que l'Ordre arcane fait sacrifice de la totalité de son existence ? Si Adrien n'est pas dupe, c'est parce qu'il la connait trop et trop bien. Leur relation est l'éloquente illustration des barricades qu'Arielle dresse à toutes les issues de son être. S'ils n'ont jamais mis de nom sur ce qu'ils sont (l'un pour l'autre, l'un contre l'autre, et ensemble), c'est également parce qu'elle le force toujours à combattre ce qu'elle fait. Ce soir, c'est épuisant. Ce soir, il voudrait un accès découpé juste pour lui. Et tandis qu'Arielle ne lui cède pas même l'espoir que cela arrive, il court à sa fin comme le plus stupide des animaux se jette contre un mur.

« Personne ne m'a suivi, déclare-t-il catégorique, et personne ne te suivait. » Sauf lui. Ce couloir est trop exposé mais, tel qu'il est fait et à la façon dont ils se tiennent à bonne distance de chaque extrémité, ils surprendraient n'importe quelle tentative d'écoute. Arielle l'insulte quand elle suggère qu'il ait pu conduire qui que ce soit – la Loge – jusqu'à elle. Dans son imprudence, Adrien s'est montré prudent. Mais ça ne la convainc pas, puisqu'elle s'obstine à mettre l'Alliance entre eux. Qu'est-ce qu'elle croit ? Il connait parfaitement le coût de son allégeance et il serait le premier à renouveler ses vœux si n'importe qui l'exigeait. Plus que les autres, Adrien ne compte pas le temps qu'il dépense au profit de sa mission et on peut dire, sans trop forcer le trait, qu'il s'y épuise. Alors il voudrait s'offusquer et il s'apprête d'ailleurs à répliquer. Ce dont il n'a pas le temps.

Quelque chose dans son être se tend : une appréhension que, sur le moment, il n'interprète pas et qu'il discerne fort mal. Néanmoins, c'est là et ça veut le prévenir. Prescient comme l'instinct, ça reconnaît à peu près tous les signes avant-coureurs du coup qu'Arielle veut lui porter. Si ce n'est pas intentionnel, c'est malgré tout criant.

La réplique le transperce avec la violence insensible d'une balle. A la réflexion, il préfèrerait qu'on le taillade afin que la plaie soit palpable et ridiculement physique. En revanche, l'audace qu'il faut pour l'atteindre par l'intérieur ne sied pas à Arielle. Et pourtant. Aussi incroyable que semble le crime, il est commis avec un sang-froid inhumain. Alors il fait ce qu'Adrien ne fait jamais s'agissant d'elle. Le verre, lâché, explose en une centaine d'éclats sur le dallage – une pluie de lambeaux transparents – et il efface soudain le pas qui les sépare quand il s'empare de la gorge à la paume. Avec une force excessive pour la résistance du corps prisonnier, il pousse Arielle contre le mur et il place sa trachée sous la pression subtile de son poignet. « Tu veux le Grand Inquisiteur, alors ? il gronde entre ses lèvres pressées. Très bien, il siffle entre ses dents. » Une raideur inhabituelle dans la nuque, Adrien se penche vers elle et porte son regard à hauteur de celui d'Arielle. Il se fout de la lueur qui y gît, parce qu'elle s'est acharnée à piétiner la sienne. « Ne parle pas d'elle. Ne l'évoque pas. Jamais. Je te l'interdis. » Un mouvement de protestation doit s'élever chez la florentine parce qu'il claque la langue contre son palais et use de sa main libre pour forcer les reins de l'ordre arcane à demeurer contre la paroi. « Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu n'en as aucune idée. » Pour autant qu'il aime, à cet instant, il la hait. Et ce manque d'indifférence l'oblige, bien sûr, à la relâcher aussi soudainement qu'il l'a embastillée. Et, pour se calmer les nerfs, l'horreur et un peu de remords, Adrien fait quelques pas pour s'éloigner d'elle. S'il lui ferait du mal ? Jamais. « Qu'est-ce que tu crois que je fais ici ? il dit sans pouvoir la regarder. » Ses billes s'attachent à décompter le nombre de tessons qui jonchent le sol. « Je n'ai pas le droit d'être ici. J'avais besoin d'être ici. »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mer 17 Fév - 0:41

Les justifications ne valent rien. Que ce soit à ses yeux ou à ceux d'Adrien, les esquives énoncées ne sont qu'inconsistantes et insignifiantes. De simples paroles pour se cacher des vérités qu'elle préfère garder en elle, quand bien même il est facile, pour ceux qui la connaissent réellement, de les distinguer parmi les fabulations qui la couvrent. Il affirme que personne ne l'a suivi et elle hoche la tête en guise de réplique non-prononcée. Elle sait qu'il dit vrai, elle a conscience du fait qu'il ferait instinctivement attention car cela le mettrait lui aussi dans une situation indélicate. Et pourtant, elle renchérit, mettant en cause l'Alliance quant à ce fossé qu'elle a creusé entre eux. Une abîme qu'elle a soigneusement développé au fil des mois passants, un éloignement qui sur le long-terme, a eu un impact qu'elle n'imaginait pas. Adrien, quand il a sacrifié Diane, Arielle y a vu comme l'abandon d'une partie de lui-même. Quelque chose qui manque, quelque chose qui le rend différent. Et sous l'offrande de la trahison démasquée et divulguée, il a gagné sa place au plus haut poste que peut impliquer la pénitencerie. Arielle, elle a perçu ça comme l'avidité. La prise du pouvoir, gravir des échelons en écrasant les autres, en les utilisant. Et elle le mentionne, elle sait que ça risque de le fâcher, elle sait que ça va provoquer en lui une répréhension. Elle ne sait pas la forme que prendra le blâme pour avoir osé introduire dans la discussion des souvenirs qu'il préférerait peut-être oublier, mais ne tarde pas à le découvrir. Le verre se fracasse, les éclats rebondissent et virevoltent avant de camper sur le sol. Arielle a les yeux baissé, elle regarde le résultat de la chute provoquée. Si c'est la surprise qui la gagne quant au mouvement brusque effectué qu'elle marie à un léger sursaut ainsi qu'à des membres qui, instinctivement, se tendent, elle n'esquisse qu'une grimace lorsque son dos vient se cogner à la façade. Pas un bruit, ni même un juron lâché sous la stupéfaction, elle a le regard dur et les traits plus accentués, taillés, qui creusent ses joues dans une expression furibonde, l'impulsivité qu'elle peine elle-même à contenir. Elle descelle ses lippes, se prépare à souffler d'entre elle le prénom interdit tout en tentant d'échapper, de se libérer à l'emprise qui la garde prisonnière. Une paume qui la garde le crâne contre la paroi, les représailles interceptée par l'autre main, libre, qui fait pression au niveau de sa taille pour l'obliger à rester immobile, elle se résigne à la provocation de prononcer les deux syllabes qui n'auraient fait qu'envenimer la situation. Otage des phalanges qui se sont enroulées autour de son cou, elle peine à déglutir et se rabat à ne serrer que la mâchoire, les dents qui manquent de grincer plus la posture reste identique. Arielle n'aime pas être dans la position de faiblesse. Elle n'aime pas se sentir à la merci de quelqu'un d'autre, ne supporte, déjà de base, que très mal les directives et les conseils qui peuvent être donnés en toute sympathie. Arielle, débrouillarde qui n'accepte pas le fait d'avoir besoin des autres pour réussir, ou même vivre. Survivre. Un choix qu'elle ne peut se permettre de faire. Dépendante de certains, ces mêmes individus qui constituent la plupart de ses fragilités. Des failles qu'elle a essayé de faire disparaître en arborant les armes que sont l'indifférence, la condescendance, le dédain, en espérant donner un goût amer à chaque rencontre pour qu'ils l'oublient, qu'ils ne s'approchent plus. Qu'ils la laissent, livrée à elle-même sans qu'elle n'ait à se soucier de ceux qui l'entourent. Il finit par la relâcher et c'est dans un raclement de gorge qu'elle se redresse, l'une de ses mains qu'elle porte à son cou et qu'elle passe dessus en fermant les paupières. Quelques instants où les iris sont voilés, ses épaules s'abaissent et elle desserre la mâchoire en écoutant ces mots qui viennent se cogner à son esprit quelque peu chamboulé par les actions précédentes. Rouvrant finalement les yeux, elle le voit, lui qui s'est tout bonnement éloigné de quelques pas. Leur relation n'a jamais été simple et paraissait, désormais, au summum de la complexité. Et pour celle qui n'a presque aucune expérience dans les relations humaines authentiques – donc, en omettant la Loge et ses membres avec qui elle n'entretient que des liens purement trompeurs –, elle se heurt rapidement aux difficultés. « Évidemment que je n'en ai aucune idée. » qu'elle dit en réponse aux tirades passées. « Ce n'est pas comme si j'avais eu le droit à un descriptif détaillé de ce qu'il s'est passé, concernant Diane. » Elle appuie sur le prénom, volontairement. « Tout ce que je sais, c'est que ça a dû en attrister certains. Toi ? Je ne sais pas. » Les yeux dirigés vers les morceaux de cristal, du bout du pied, elle en réunit certains en petits groupes comme pour éviter qu'ils ne soient tous éparpillés. « Je n'ai pas souvenir d'avoir pu lire l'once de mélancolie, ni même d'avoir pu entendre les remords. » Elle secoue doucement la tête de droite à gauche, plutôt pour elle-même que pour lui. L'incompréhension, toujours celle-ci qui se loge dans ses pensées. Arielle, qui ne comprend pas comment on peut on peut punir soit même un membre de sa famille. Une notion qu'elle essaie néanmoins de comprendre à chaque fois que l'anecdote lui vient en mémoire, qu'elle décortique dans toutes les possibilités sans rien trouver. « Et regarde ce que ce besoin d'être ici a provoqué. » Elle pointe du doigt tous les bouts de verre qui décorent le sol alors qu'elle se permet l'esquisse d'un sourire sur les lippes qui finissent enfin par se détendre. « La dégradation de biens d'autrui. T'es fier de toi ? » Ça. Ça, c'est l'Arielle typique qui ne sait pas quoi répondre quand on lui révèle quelque chose qui est censé la toucher et l'adoucir. Et quand bien même elle ressent le besoin d'être à ses côtés, jamais elle n'arrive à l'articuler clairement et distinctement, les mots qui se mêlent et s'entremêlent et dont elle n'ose faire usage que de rares fois, quand pleinement elle s'abandonne aux vérités qu'elle ne peut pas contourner. Là, elle reste la Reinhart, à cran, qui accepte difficilement la dépendance qu'elle peut avoir vis-à-vis d'Adrien alors qu'elle sait, indéniablement, que c'est quelque chose qu'elle ne peut pas effacer. Chez l'un comme chez l'autre, il y a cette interdépendance. Et si lui  l'accepte commodément, elle, elle s'accorde plus de temps pour assumer la relation qu'ils entretiennent.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mer 17 Fév - 10:37

Adrien ne veut pas penser à elle. Il ne veut pas parler d'elle. Diane est un fantôme, et c'est la carcasse d'Adrien qu'elle hante. Deux ans à se faire dévorer l'esprit par la mémoire vivace d'une femme qu'il a aimée et qu'il a tuée, c'est le calvaire. Il ne s'habitue pas à la terreur qui investit ses poumons et le prive d'oxygène lorsqu'il pense à elle ; parce qu'elle aurait aimé un lustre original, ce lever de soleil ou la robe indécente que porte une inconnue dans la rue, il est forcé de la voir dans tout Paris. En plus du cauchemar qui consiste à vivre avec elle à l'intérieur de soi, Adrien ne veut pas en discuter. Il n'en a même jamais parlé en confession. Pour l'Alliance, ce n'est pas un crime et il n'est pas, pour d'évidentes raisons, autorisé à en afficher le deuil.  Pour lui, c'est tout de même plus douloureux que s'il avait assassiné la moitié de l'Humanité. Est-ce une once de mélancolie ? sont-ce des remords ? La bouche fermée sur ses mâchoires serrées, Adrien s'obstine à garder le silence à ce sujet sous peine d'exploser plus encore et de, qui sait, lever la main sur elle. Parce qu'Arielle n'écoute rien, et qu'elle refuse de se taire à son tour et de lui obéir : n'est-ce que d'entendre le nom de Diane et son amant se révolte en se rentrant difficilement la fureur en-dedans. Ne vient-il pas de le lui interdire avec une violence peu commune ? N'y a-t-il rien qu'elle respecte en dehors de son propre confort et de sa propre sécurité ? C'est peut-être qu'elle se venge et, qu'ajoutant à sa vengeance, elle se montre insensible à la faiblesse que pourtant il expose. Piqué (brutalisé), Adrien lui décoche un regard par le dessous. Qui est cette fille, au juste, et où tient-elle Arielle prisonnière ? « C'est toi qui provoques ça, réplique-t-il sèchement. » Du bout du pied, il frappe dans les éclats qui s'éparpillent tout autour d'eux en un cercle grossier. « Non, je ne suis pas fier de moi ! Et je - » Dans leurs emportements, ils ont élevé la voix. Du reste, l'endroit était peut-être approprié pour s'échanger une poignée de mots entre deux portes, mais il ne permet pas la délivrance des frustrations et encore moins une conversation à cœur ouvert. Avec le bruissement d'une discussion animée, c'est le concert de pas qui marchent sur eux et ricochent sur les murs qui vient les interrompre et les surprendre. Renversant son attention, Adrien cherche la source qui n'apparait d'aucun côté. Ils ont peu de temps et il décide pour deux. Attrapant Arielle par le coude, il l'entraîne par la première ouverture à leur portée et la repousse à l'intérieur. La paume soigneuse, il tire la porte qui se referme dans un chuintement. Plaquant l'oreille contre le bois vernis, le florentin tient sa respiration. Qui que ce soit les importuns, ils passent sans s'arrêter. Ils n'étaient peut-être pas après eux, finalement, ce qui n'est plus tout à fait vrai quand l'une des voix – féminine – éclate après le verre brisé répandu sur le sol. Ce qu'elle dit d'autre échappe à Adrien, qui se retourne pour quérir une sortie.

Ils ont échoué dans une sorte de bureau fonctionnel, probablement affecté à un conservateur du musée ou à n'importe quel chargé de responsabilités. Sur la gauche, une bibliothèque couvre la totalité du mur. Sur la droite, une fenêtre grande comme une meurtrière est l'unique source de lumière naturelle. Dehors, il fait nuit noir et tout l'éclairage de la capitale n'y fait rien. Le plus au fond, où Arielle s'est retranchée, il y a une table relativement moderne – métallique – sur laquelle gît tellement de paperasses et de documents que les archives de l'Alliance florentine semblent bien organisées. Ce qu'il y a de plus intéressant, et de plus terrible, à constater, c'est qu'aucune autre échappatoire ne s'offre à eux. Soit ils patientent, soit ils s'extraient. En tous les cas, ça focalise l'attention d'Adrien, qui revient à la porte et cherche à savoir s'ils sont seuls. « Je crois qu'ils sont partis. Mais ils vont revenir... » Inconscient du degré de sécurité qu'exige le Carnavalet, le florentin ne se sent pas de le découvrir ce soir. Ce n'est qu'un peu de verre pillé, mais quels trésors renferme ce genre d'endroit et à quel prix ses propriétaires voudront les défendre ? Aucune alarme ne se déclenche alors que, d'expérience, Adrien refuse de s'y fier. « Allons-y. » Il ouvre la porte et Arielle le rejoint. Lorsqu'elle est presque à sa hauteur, il se ravise si soudainement qu'il est un peu surpris lui-même. Le bois claque dans l'embrasure et il fait volte-face et rempart de son corps. « Alors je ne te manque pas ? » Aussi impérieux que la soif, il a besoin de savoir. « Non, il insiste en prenant un peu plus d'espace entre elle et la sortie. D'abord, réponds-moi. »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Mer 17 Fév - 21:14

Remuer des souvenirs du passé qui ne la concernent pas réellement fait surgir en elle une pointe de nostalgie qu'elle ne peut expliquer. Que ce soit dans sa façon d'aborder les choses, son attitude, sa façon d'être et de penser, Arielle s'est laissée submerger par les événements qu'elle a vécu, de près comme de loin, sa perception et l'interprétation de ces derniers la changeant peu à peu alors que les jours courent sur la ligne du temps. La florentine se souvient de celle qu'elle a pu être auparavant. Bien plus douce, bien moins provocatrice dans les gestes comme dans les tirades qu'elle prononce dans une rancœur qu'elle ne peut expliquer. L'amertume de l'avoir vu changer, l'assombrissement qui vient recouvrir l'être aimé, d'une noirceur qu'elle craint et dont elle se méfie encore aujourd'hui. Et pour cause, elle fait bien car quand la paume s'appuie sur sa gorge, que les phalanges s'enroulent autour de son cou, elle sait qu'il n'est plus exactement le même. Et qu'elle non plus, elle qui dans une impudence irréfléchie encourage les mesures extrêmes, la force contre celle qui ne prend pas la peine de faire preuve de tact, de finesse ou même de bon sens. Alors qu'elle est consciente que certaines discussions sont à bannir, elle fait s'engouffrer le couteau dans les plaies indistinctes, intérieures et qui ne cicatriseront jamais. Arielle regarde les débris de verre qui s'éparpillent de nouveau, dans le silence d'un temps de battement, soupire en gardant les yeux baissés vers le sol, ne sachant où river ses prunelles si ce n'est sur les fragments cristallin. « Tu quoi ? » Ce n'est qu'après coup qu'elle perçoit elle aussi les bruits de pas qui s'élèvent dans les allées voisines. Peut-être qu'avec un peu de concentration peut elle discerner des chuchotements mais elle n'a pas le temps de se focaliser sur les voix étouffées, happée par la vive réaction qui l'emporte dans la pièce se trouvant au plus près d'eux. Arielle en observe les parois décorées par un mauvais goût qu'elle ne manque pas de noter, expression changée sous la grimace en scrutant la plupart des recoins comblés par des tiroirs et de la paperasse à tous les recoins. Elle se tourne le temps d'un instant afin de le percevoir, à l'écoute des possibles bourdonnements extérieurs tandis que la curiosité contraint la florentine à détourner son attention pour la porter sur les multiples imprimés. L'inquiétude qu'elle ne montre pas quant au fait que des individus parcourent les couloirs et qu'ils peuvent à tout moment surgir par la portée néanmoins gardée, elle effleure du bout de ses doigts les différents documents qui ne la concernent pas. Des noms qu'elle parcourt et qu'elle remet à des visage qu'elle parvient à visualiser. Elle relève le menton quand il lui affirme que la voie est hypothétiquement libre, la seule issue de secours qu'ils peuvent utiliser étant finalement dégagée, traduisant le fait qu'ils peuvent sortir de leur cachette qui ne mène à aucune autre échappatoire. Elle contourne le bureau derrière lequel elle se trouve, remettant en place les quelques papiers qu'elle a légèrement déplacé avant de s'avancer. Alors qu'elle ne se trouve qu'à quelques pas de l'ouverture qu'elle s'apprête à utiliser, c'est la porte qui se referme et les yeux de la florentine qui se relève, un sourcil arqué qui marque l'incompréhension. Elle a cette expression, suspicieuse et presque inquiète qu'elle esquisse, le suit du regard quand il se tient finalement devant elle. L'interrogation se heurte à l'esprit, le visage se détend et le cœur est presque offensé. Elle laisse échapper un soupir, léger et délicat, qui la décrispe quelque peu. Adrien s'avance et elle essaie pourtant de forcer le passage, comme si elle pouvait passer en travers ou l'éviter en décidant de prendre les voies sur les côtés. Malgré tout, elle comprend que seule une réponse permettra de passer la barrière qu'il est. Elle le voit dans le regard qui la transperce toute entière, celui qui attend une honnêteté de celle qui joue bien trop sur les explications détournées. « Sérieusement, maintenant ? » Mine dépitée qu'elle arbore, elle espère inutilement qu'il la laissera franchir l'issue sans qu'elle n'ait à répondre. Encore une fois, l'illusion de celle qui souhaite bien trop sans donner en retour. Dans l'agacement, et certainement le malaise qu'elle ressent, elle secoue rapidement la tête de droite à gauche comme pour essayer de remettre de la clarté dans les zones d'ombre de son essence. Elle inspire en empoignant l'un des avants-bras d'Adrien, sans aucune brusquerie ou rudesse dont elle fait parfois usage quand elle est dans la précipitation. Le menton relevé, elle vient ancrer ses yeux clairs dans les siens, bien plus perturbants qu'elle les a imaginé. « Bien sûr que si. » qu'elle articule en marquant une pause. « Bien sûr que si, tu me manques. » Elle soutient le regard qui remet tout son esprit dans un désordre monstrueux, la mâchoire serrée par une certaine préoccupation. « Mais j'aurai cru que tu le savais déjà. Un minimum. » Elle hausse banalement les épaules et parvient à se frayer un chemin entre lui et la porte fermée, la poignée qu'elle attrape et qu'elle actionne avant de voir apparaître dans son champ de vision, un couloir vide. Doucement, elle se penche, ne laissant que sa tête sortir de l'ouverture, la tourne à droite, puis à gauche. Voie libre. Puis finalement, non. Deux ombres qui se dessinent, deux dos qu'elle aperçoit à sa gauche. Ils ne peuvent pas les voir. Normalement. Elle recule sans pour autant fermer la porte. « Je suis pas sûre que ce soit une bonne idée, de se faufiler, là, maintenant. » L'air songeur et pas des plus confiants, elle se permet de jeter une nouvelle fois un œil, les sourcils froncés, faisant finalement un pas en arrière. « On aurait pu sortir plus tôt si tu ne m'en avais pas empêcher. »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Jeu 18 Fév - 0:08

Oui, maintenant. Quand, sinon ? Arielle ne paraît pas réaliser qu'elle leur procure assez peu d'occasions, pour ne pas dire aucune. Comme ça a toujours été le cas, Adrien agit pour eux deux et l'entrevue de ce soir, quoi que maladroite et totalement improvisée, est encore de son initiative. Si c'est pire que ce qu'il croit alors Arielle agit sciemment sans qu'il en comprenne la raison. En vérité, il suffirait qu'elle le lui dise : je ne veux plus te voir, plus du tout, et, d'ailleurs, tu devrais partir à présent. Ce qu'elle n'a pas fait. Jamais. Ces deux dernières n'ont été que des épisodes, des poursuites et des rendez-vous manqués, raccrochés les uns aux autres par des efforts constants que, semble-t-il, il était le seul à vraiment souhaiter. Non seulement déçu par la chaleur sommaire avec laquelle elle le reçoit, il s'imprègne lentement de l'idée qu'elle se fiche bien de lui. Ça ne peut pas être vrai (et, sous les couches de doute, Adrien le sait comme on se connait soi-même) et c'est cependant là, à s'allonger dans ses entrailles, à flotter au devant de son esprit, à se moquer de lui et de son naïveté. C'est ainsi qu'il l'interroge, aussi frontalement qu'elle le déteste, le besoin d'être rassuré plus puissant que l'orgueil. Adrien veut un moment, bien réel, palpable, physique, où elle serait forcée de le regarder et de lui parler, où elle ne pourrait pas se cacher derrière l'Alliance, l'Ordre arcane et ces commandements qui régissent leur vie sans régner sur leur cœur. Ce qu'il veut croire, aussi, c'est qu'il ne s'est pas entièrement rompu l'âme le jour où il a planté de l'acier dans le cœur de sa sœur. Diane l'avait pourtant prévenu. Qu'est-ce qu'elle dira ? Par Dieu... le pire est ce qu'elle ne dit pas !

Elle lui attrape le bras et il est presque surpris qu'elle n'y plante pas les ongles. Adrien a vaguement conscience que son comportement, dans le couloir, que sa violence, lui vaudrait bien une correction ; Arielle a le talent et l'expertise suffisants pour la lui infliger. Tenterait-il de s'y dérober ou bien de s'en défendre ? D'abord, il sait qu'il le mérite et une partie de son être – infime, un chuchotement – tend volontiers vers cet instant : de son éducation, il tient que le châtiment conjure toujours une part du crime et il s'en veut déjà de la gorge pressée autant que des reins brutalisés. Ce n'est pas le moment de se repasser la scène et d'en refaire les dialogues, ce que les yeux d'Arielle, rivés soudain aux siens, lui rappellent à renfort de ce qu'il faut de mots. Enfin. Elle le délivre d'une angoisse ridicule, adolescente et amère. A croire qu'il est si difficile de prononcer le peu de syllabes avec lesquelles elle le tient tout entier dans sa paume... Or, Adrien sait apprécier la valeur de chaque son, aussi jalousement que l'Alliance court après les porteurs de gène. Et, aussi simple que ce soit, et même stupide que ça paraisse, ça lui fait simplement du bien. C'est peu mais, de la rareté de cette ressource, Adrien s'en occupe. Aussi honore-t-il leur accord et lui cède-t-il le passage, convaincu qu'elle va aussitôt s'échapper et s'évanouir dans la nuit.

Le personnel du Carnavalet (ou les organisateurs du vernissage) joue contre leur liberté et pour leur réclusion. Qui qu'ils soient, leur présence persistante dans les parages repousse Arielle dans le bureau et, reprenant ce qu'elle sait faire le mieux, elle objecte froidement à l'égard d'Adrien. Sa réplique, il doit en décider dans la précipitation parce qu'il s'entend le dire comme s'il surplombait l'échange et qu'il comptait les points : « Qu'est-ce que je suis pour toi ? flotte un soupçon d'indignation crue. » C'est purement rhétorique, ça s'entend. Et, pour le confirmer, il reprend aussitôt : « On sort, puis quoi ? Tu ne donnes plus signe de vie pour les trois ou quatre prochaines semaines ? » A force de pouvoir mesurer le son de sa voix (un bourdonnement dans les tympans), Adrien sait qu'il risque de les dénoncer. Alors il approche d'Arielle et, tendant le bras, il passe sur son épaule et pousse la porte derrière elle. Leur degré d'isolement lui est totalement indifférent. Tout ça n'est que sécurité rudimentaire, discussion imprévue et dispute acharnée. On dirait, quelques fois, qu'elle fait de le mettre en colère tout un art, sinon tout un sport. Or, ce qui est d'ordinaire très compliqué est d'une facilité déconcertante pour la langue acérée d'Arielle Reinhart. « Je sais très bien ce que tu dois faire pour l'Alliance. Et je te jure que je ne serais pas venu si j'avais eu une raison de penser que ça te mettrait en danger... toi, ou ta mission. Mais je suis là. » Les précautions qu'on attend d'un serviteur de di Madrone et loin d'être conduit par ses passions, Adrien omet tout de même – et ça sciemment – qu'il s'est laissé influencer par des motifs de sentiment qui disqualifieraient toutes ses justifications devant une assemblée florentine. Du reste, évoquer son inquiétude serait pour le moment contreproductif. C'est donc le silence sur l'accessoire et les mots sur l'essentiel. « Écoute, s'efforce-t-il de mettre du calme sur l'agacement, la crainte et l'impatience. Je voulais te voir. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? » Sur son visage, l'hésitation. Les dents plantées dans la lèvre, Adrien la mire comme si elle allait le gifler. Incapable de dire l'indicible, il a un geste d'angoisse, comme du recul ou de l'élan. C'est le lit du baiser qu'il dépose à la bouche d'Arielle. Il est plein d'une sale habitude, ce baiser trop prudent, plein des manies qu'on prend à force d'imaginer l'instant sans le voir se produire. Aussi satisfait qu'un assoiffé qui se contente de quelques gouttes, il l'embrasse encore et, cette fois, Adrien ne demande pas : il prend ce baiser, il le vole, il le pille, et il lui fait avouer ce que cache je voulais te voir. « Je ne fais rien de mal, il halète contre les lèvres. On ne fait rien de mal. »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Jeu 18 Fév - 2:55

Ce qu'Adrien est aux yeux d'Arielle est indéfinissable. Une relation qui laisse ses marques dans les époques passées et qui continue aujourd'hui de survivre, quand bien même elle se heurte aux complications. Aussi loin qu'elle puisse se remémorer les souvenirs d'antan, elle a l'impression de l'avoir toujours eu dans son existence, dans ce quotidien qui lui a aujourd'hui fermé des portes, réduit des opportunités pour qu'ils ne se retrouvent que tous les deux, laissant les problèmes et affaires de l'organisation derrière eux. Comme un moment de répit, un temps de battement demandé et qu'elle ne prend qu’occasionnellement en considération, il a toujours fait le premier pas afin de l'atteindre, a toujours été celui qui, dans les sentiments assumés, s'est approché alors qu'elle tentait de rester indifférente face aux nombreux efforts. Se cacher derrière l'Alliance pour refouler des sensations dont elle se sait sujette, assujettie à des émotions sur lesquelles elle n'a aucun pouvoir. Si la question n'est pas énoncée dans le but qu'elle y réponde, elle ne peut néanmoins pas s'empêcher d'y penser. Un nom, à cette relation, elle n'arrive pas à en trouver un approprié. Aux yeux de tous ces autres, ils ne sont que deux individus qui ne les lie en rien. Et même par rapport à l'Alliance, qui ne se doute pas réellement de cet attachement qui les unie. Les repères ont toujours été brouillés et imprécis, chacun des deux dansant sur un pied puis l'autre afin de trouver sa place dans une dépendance peu ordinaire. Arielle reconnaît l'aigreur, peut-être même l'accusation dans les paroles prononcées. Et en aucun cas essaie-t-elle de se justifier ni même de contredire les répréhension qui sont, à son plus grand damne, indiscutables et incontestables. Elle suit du regard le bras qui se tend, la main qui passe par son épaule pour atteindre le bois derrière elle, qui se referme et s'assemble dans l'ouverture désormais couverte. Elle se doit de relever quelque peu le menton si elle souhaite solliciter le regard d'Adrien, cette proximité qu'elle connaît et condamne pas. Bien au contraire, le rapprochement lui permet de humer un parfum qu'elle n'a pas eu la possibilité d'inhaler depuis déjà quelques temps. Des jours qu'inconsciemment elle compte, des semaines qu'il mémorise et qu'il lui reproche pour sa non-présence, pour son éloignement et l'isolement qui creuse un fossé à chaque jour où la réunion est retardée. Arielle sait qu'il prend les dispositions nécessaires et qu'il fait preuve de prévoyance et de sécurité dès lors qu'il entreprend des rencontres avec elle, celles-ci étant non-prévues la majorité du temps. Certainement à cause d'elle et personne d'autre, à cause de l'entêtement et de l'obstination à vouloir refuser l'évidence de ce qu'elle éprouve. Elle a presque envie de baisser les prunelles sous tant d’honnêteté si aisément déclarée, envieuse et désireuse de pouvoir en faire de même, d'avoir l'adresse requise pour ne pas cafouiller et pouvoir clairement énoncer le fond de sa pensée. Comme la force invisible qui la retient – sûrement le mélange d'une fierté taillée dans le roc et de la crainte qui bouffe ses entrailles –, qui fait barrage dans sa gorge pour l'empêcher de faire connaître ce que le palpitant ressent. Il n'y a rien de mal, elle-même éprouvant parfois – pour ne pas dire constamment – l'envie de le rejoindre à n'importe quelle heure de la journée, de la nuit ou de la matinée. A chaque instant, la persévérance de cette conscience ou d'une pensée qui s’immisce qui l'arrête, qui lui dit de ne pas le faire. Et elle l'écoute, obédience et docilité qu'elle peut représenter, la facilité qu'elle adopte face aux complexités. Elle a pour intention de répondre, tout, n'importe quoi à la fois, un charabia que ni lui, ni elle auraient complètement assimilé. Mais le baiser, il vient, il surprend et quand bien même il la trouble, c'est l'apaisement qui prône sa domination. Les membres, auparavant crispés, se relâchent alors que les lèvres se délient pour, l'instant d'après, se retrouver avec plus d'ardeur et de cupidité. Arielle ne fuit pas, Arielle ne cherche pas la possible échappée vers l'issue derrière elle. Tout simplement parce qu'elle n'en a pas l'envie, qu'elle ne cherche pas à s'expatrier d'une situation que son cœur approuve, la raison lui affirmant tout autre chose. On ne fait rien de mal. Elle garde la phrase en tête, dans un coin de sa mémoire. Non, ils ne font rien de mal. Arielle prend le visage d'Adrien entre ses mains, le scrute du regard dans douceur dont elle sait à priori faire preuve, avant de faire glisser ses paumes dans son dos, les bras s'entourant autour de son cou. Dans l'étreinte, elle niche son visage sur l'une des épaules, les lèvres près de l'oreille qui susurrent. « Je suis désolée. » L'excuse qui la taillade de l'intérieur, pas l'habitude de prononcer ces termes. Mais ça charcute moins qu'elle ne l'a pensé, ça la délivre d'un sentiment pénible. Elle ne mentionne pas les raisons spécifiques de l'excuse, fait sûrement mention de tous ces événements où elle l'a abandonné sans raisons pouvant justifier d'un tel comportement à l'égard de celui qu'il est. « Désolée pour le peu, l'infime, attention que je t'ai porté ces derniers temps... mois... » Elle se permet un soupir, pas de l'agacement, juste des maux qui se libèrent tant qu'ils le peuvent. « Toujours en utilisant le nom de l'Alliance, qui plus est, alors qu'ils ne sont pas les seuls à blâmer. » faisant référence à son implication dans les excuses à chaque fois ramenées sur le tapis. Arielle laisse échapper un léger rire qu'elle étouffe en se réfugiant davantage dans le creux du cou, elle s'humecte les lèvres en se mordillant la lèvre inférieure, comme elle le faisait quand elle sentait les interrogations s'imposer. « Adrien ? » Elle finit par se redresser, gardant les bras grossièrement dans la même position, ces derniers se tendant légèrement pour que son faciès puisse reculer et se trouver face au sien, pas à complète hauteur de celui-ci étant donné la poignée de centimètres de différence. « Tu sais très bien qu'on ne pourra pas faire, ni être comme tout le monde. » Pointant tous ces gens, dehors, dans les rues, ceux qui gambadent, ceux qui vadrouillent, ceux qui, main dans la main, arpentent les rues et ruelles, s'imposent dans des cafés et magasins, s'emparent de places de cinéma ou autres activités qui animent le quotidien. « Alors qu'est-ce que tu attends de moi ? » Elle déglutit, les sourcils doucement froncés. « Qu'est-ce que tu veux ? » La pause marquée par quelques secondes, avant de reprendre dans une hésitation qu'elle ne cache pas. « Qu'est-ce qu'on est, ensemble ? »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Jeu 18 Fév - 16:41

Suspendu à la résistance d'Arielle, il aime sentir qu'elle cède. C'est prudent, et ça consiste d'abord à le laisser faire. Soulagé de sa crainte d'échouer, Adrien n'exige rien que la pression délicieuse de sa bouche sur la sienne, et sa langue qui caresse les lèvres, puis la tempe, puis le front, à la recherche des saveurs familières. Un frisson lui parcourt l'échine lorsqu'elle pose les mains sur lui et qu'elle effleure la peau de sa nuque. Il l'attire contre lui, la poitrine contre le torse et deux respirations qui se rencontrent et poussent l'une contre l'autre. Arielle dans ses bras, Adrien nourrit la sensation triomphante – et vaguement inespérée – de l'avoir, pour un temps, rattrapée. Sachant la rareté de ces secondes, il les apprécie en silence, bercé par les mots qu'elle lui livre. Il n'a pas vraiment besoin d'écouter ; ce qu'elle dit est accessoire à ce qu'elle fait, et ce qu'elle lui fait est prodigieux. Les doigts qui se répandent dans les cheveux d'Arielle, il entend sa désolation et il entend son rire. Ils sont, chacun à leur façon, extrêmement purs et sublimes à l'oreille. Ça ne s'était pas produit depuis si longtemps, il est sûr qu'il ne sait plus faire. Alors il échappe à l'étreinte. Non pas physiquement. Physiquement, il reste. Mais les souvenirs se bouleversent et il leur faut faire de la place à celui-là. Adrien a fermé les yeux et il inspire lentement les effluves, les mots, les sons. La rumeur d'une agitation à l'extérieur du bureau, les battements de son cœur, remontés dans son crâne, et puis la chaleur vive, puissante et singulière qui émane d'Arielle et lui vrille littéralement l'essence. Le florentin ne se voit pas sourire. C'est fragile, et un peu naïf, c'est profondément humain et, il le jure, il ne recommencera plus avant longtemps. Ce n'est qu'une toute petite enclave dans le monde bien réel, cruel et plein d'horreurs. Mais cette enclave existe et il l'enlace avec fureur. « Quoi ? » Elle s'écarte suffisamment pour planter son regard dans le sien et, c'est vrai, ils ne sont pas comme les autres. Ils n'ont pas le destin libre, ou l'inutilité chronique de leurs contemporains. Arielle, Adrien et tous les florentins servent un dessein bien plus grand qu'eux, qui vivait avant eux et qui leur survivra nécessairement. Cependant, ce n'est pas ce qu'il envie aux autres. Ce qu'il jalouse chez le commun, chez n'importe qui n'est pas lui, ce sont les regards qu'elle leur accorde, les mots qu'elle leur dit, les rires qu'elle leur abandonne. Qu'elle fasse semblant n'a aucune importance. Ils ont ce qui lui manque, à lui, chaque fois qu'elle n'est pas là et, si la plupart du temps la douleur est très supportable, elle le submerge quelques fois. Alors, ce qu'ils sont, ensemble ? Une lueur étrange loge dans l'oeil d'Adrien. Elle lui éclaire la pupille, puis l'autre, et elle découpe finalement un sourire sur sa bouche. « Tu ne le sais pas ? » Il veut poser les bases qui empêcheront d'autres disputes et, contrairement à ce qu'elle croit, il ne s'ingénie pas à réclamer les miettes qui font le quotidien des autres âmes qui, deux par deux, sont liées. Il est moins exigeant et, en même temps, bien plus avide. « On est deux personnes, un homme et une femme. Adultes. Et consentants. » A hauteur de la vue, il y a les dents qui mordent doucement dans la lèvre. Plus bas, il y a les mains d'Adrien qui se promènent entre les reins et qui s'esquintent à rencontrer la peau. Sous les tissus, il promène son index le long des vertèbres puis il presse le bassin de la jeune femme contre le sien. « On a voué notre vie à un ordre secret, qui s'est juré d'éradiquer une abomination réprouvée par le Seigneur, notre Père... » A la frontière du blasphème, et l'âme soulevée par un besoin de légèreté, il rit contre sa bouche. « On mène une double-vie extrêmement prenante. » La main, qui errait dans le dos, frôle les côtes et les phalanges obligent Arielle à reculer. Un pas après l'autre, Adrien la fait renoncer. « On ne se voit presque jamais. Et c'est toujours dans un lieu différent. » Le bureau qui trône au centre de la pièce interrompt la progression et, les paumes coulant des hanches jusqu'aux fesses, Adrien la soulève et l'assoit parmi les piles et les casiers. « Alors, quand on se voit, quand on est ensemble... » Caressant la gorge d'Arielle du bout des doigts, il dessine un tracé qui prend la pente. A la naissance de sa poitrine, il attrape doucement sa mâchoire et plante un baiser sur ses lèvres. « Je veux seulement que tu me prêtes quelques unes de tes nuits, il murmure. C'est quelque chose qu'on peut faire comme tout le monde. J'aimerais beaucoup faire comme tout le monde... » Ses muscles vibrent et Adrien s'est tant et tant penché sur elle qu'elle n'est plus tout à fait assise.  « Tu me ramènes chez toi, dit un soupir, je te prends... quelques heures, complète un sourire, et je repars bien avant l'aube et bien avant que n'importe qui soupçonne que j'existe. C'est promis. » Ajoutant toutes les persuasions utiles, aussi passionnelles qu'elles sont raisonnables, il promène les mains sur ses cuisses et les lèvres sur les lèvres. « S'il te plait. S'il te plait... »

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Jeu 18 Fév - 23:17

Elle ne le sait pas précisément. Ce qu'ils forment, eux deux, reste quelque chose qui n'a pas de fondements et qui n'est pas délimité par des barrières infranchissables. Les rencontres, chacune d'entre elles, divergent des précédentes. A chaque fois, des sensations nouvelles ou peut-être trop longtemps laissées en retrait qu'on les a, dans la finalité, oubliées. Mais les gestes ravivent des souvenirs, mémoire qui se souvient maladroitement des entrevues antérieures et qui se laisse envahir par la nostalgie des douceurs infligées. Les mains qui passent dans son dos, le frisson vient traverser l'échine alors que le contact de l'un de ses doigts lui brûle déjà l'épiderme d'un instinct désireux et capricieux. Les bassins s'entrechoquent, Arielle s'en mord la lèvre inférieure en prêtant grandement attention à chaque mot qu'il peut prononcer. Qu'elle assimile, qu'elle comprend et qui au bout du compte, ne la surprenne pas plus que ça. Les paumes de la florentine se faufilent sur la nuque qu'elle survole du bout des phalanges, ce derniers se perdant peu à peu dans les cheveux qu'elle enroule entre quelques uns de ses doigts. Arielle, elle a conscience du fait que la double-vie ne doit pas jouer un frein dans ses souhaits qu'elle garde constamment enfermés. Dans ses traits égoïstes qui font passer autre chose avant l'Alliance, qui lui permettent de se placer en première position dans les choses dont elle doit s'occuper. La mission prise trop à cœur, qualité pour l'organisation qui ne trouverait pas là une anomalie à annihiler, mais plutôt une aptitude à affermir chez tous les fidèles. La caresse au niveau des côtes la raidit le temps d'une courte seconde, on le sent, on le voit et pourtant ça disparaît aussi rapidement que ça s'est produit, sous les tirades énoncées qui balaient de ses pensées tout ce qui n'a aucun rapport avec le moment présent. Les mains qui la soulèvent, elle ne voit pas l'intérêt de chercher à se débattre comme elle aurait pu être tentée de le faire dans une provocation qui lui aurait décroché un sourire dans l'amusement futile dont elle aurait fait preuve, amusement qu'elle ne recherche pas actuellement, préférant la distraction d'un autre acabit. Assise sur des papiers qu'elle a partiellement analysé auparavant, elle entoure le bassin d'Adrien de ses jambes qu'elle fait rejoindre dans le bas de son dos. Frémissement au niveau du cou, qui se répand sur la voie qu'empruntent les doigts du florentin, elle attrape le baiser hâtivement déposé. Bref mais dont la sapidité lui reste sur les lèvres qui frôlent les siennes. La voix basse, rauque du murmure qu'il déclare lui ébranle l'esprit qui se détache de tous ces principes rigides qu'elle a trouvé bon – mais finalement idiots – d'instaurer. « Quelques nuits, seulement ? » Si ça ne tenait qu'à elle, elle aurait répété l'invitation à chaque nuit tombée, à chaque soleil voilé par les pénombres recouvrant les clartés. Malheureusement, à trop vouloir, on finit parfois par en perdre les précautions des premières fois, des occasions qui se multiplient, devenant une habitude que l'on pense acquise, amenant la prévoyance à s'affaiblir. Il tente de la persuader, la sollicite pour que la requête soit acceptée. Pour qu'ils soient, pour une fois et bien d'autres après, à l'image de ces autres qui se plaisent à mener une existence dont ils bénéficient entièrement, les décisions quotidiennes n'étant pas régies par une organisation dont ils n'ont pas même l'idée qu'elle puisse exister. Les lèvres frôlent les siennes, la chaleur des souffles qui s'entremêlent, Arielle se redresse quelque peu en positionnant ses paumes sur les épaules du florentin. Ses prunelles scrutent le faciès, chaque trait qu'elle mémorise comme si elle ne les connaissait pas déjà par cœur, les yeux se rivent dans les siens tandis qu'elle le garde prisonnier entre ses jambes croisées dans le bas de son dos. Ses mains s'abaissent et du bout des doigts, elle parcourt le tissu recouvrant le torse d'Adrien. Approchant d'autant plus sa bouche de la sienne, c'est dans de petits mouvements de recul qu'elle se résigne à l'embrasser ou simplement en détournant le visage, qu'elle vient finalement loger dans le creux du cou. Ses lippes frôlent l'épiderme, elle titille sans jamais réellement donner dans l'immédiat, se contente de survoler pour voir la peau frissonner. « Chez moi ? » Le sourire qu'elle étire qu'il ne peut, au départ, pas distinguer. Elle relève le menton, ses paumes qui se permettent de vadrouiller candidement et qui cherchent l'issue à emprunter pour rencontrer la parcelle de chair qu'elle aspire à cajoler de ses doigts. Elle lâche un baiser qui se veut délicat mais dont on peut y déceler la ferveur, l'une des mains qui reste à même hauteur alors que l'autre vient à la rencontre du bas ventre. Elle descelle les lèvres, esquisse l'ombre d'un sourire qui fend son visage et le marque de traits qui laissent apparaître l'expression facétieuse, taquine et à la limite de l'espièglerie. « Si tu arrives à nous faire sortir d'ici sans que la sécurité, ou une quelconque autre personne nous voie... » qu'elle glisse dans un murmure volontaire. « Alors oui, chez moi. Jusqu'à l'aube. Et la même chose le soir suivant, si tu veux. Et encore après, et après... » Le challenge sur le visage et dans les yeux qui brillent à la seule lueur que la lune émet. « Sinon... » Tant pis ? Elle hausse les épaules, l'air dépité quand bien même le léger sourire orne encore et toujours les extrémités de ses lèvres.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Ven 19 Fév - 10:37

Ils se menacent puis ils se font la cour. Arielle et Adrien se vouent des violences compliquées, qu'une relation commune et dénuée d'Alliance n'exigerait jamais d'eux. Malgré leur âge (elle plus encore que lui), ils ont beaucoup vécu et enduré quelques épisodes difficiles. Diane en est un. Diane est le pire. Et, la plupart du temps, le plus agréable et le plus salutaire, c'est de l'oublier. C'est ce qu'ils font, quand ils se trompent le trouble dans le manque et le stupre. Pour un moment, ils oublient d'en parler, de s'éviscérer le dedans pour confronter les blessures et comparer leur ampleur. A se promener les phalanges, à se promettre des nuits, ils gagnent du temps sur leur dispute et c'est encore la façon la plus plaisante de se mentir. « Beaucoup de nuits, il souffle. » Toujours plus sidéré par les frissons qu'elle répand dans son corps et l'oxygène qui aime se raréfier, Adrien est bientôt prêt à faire de cet endroit - un bureau étranger, une cachette de circonstance - son chez elle. Il n'a pas tout à fait envie d'attendre quand elle ballade sa bouche sur lui et qu'elle égare sa main entre eux. Troquant son innocence, elle ne s'est pas perdue et il lâche un soupir conquis dans le baiser qu'elle arrache. L'essence en feu, il échafaude déjà le plan de leur échappée, alors que ses yeux s'obstinent à dévorer Arielle. Il y a quelque chose de sublime dans l'arrête de son nez, la courbe de son arcade et la couleur de son iris : ils méritent tous qu'on s'y attarde, qu'on les embrasse et qu'on se demande, très sincèrement, comment, le restant du temps, on fait pour accepter de s'en priver. S'humectant les lèvres du bout de la langue, Adrien entrouvre la bouche parce qu'il suffoque d'envie. La fébrilité qui lui irrigue le sang se déverse comme la drogue ; elle fait son merveilleux ouvrage pour qu'il renonce à la dépouiller de ses vêtements et à l'allonger sur ce bureau. Maintenant. « Faire du chantage, il minaude avec un sourire tiède, te ressemble tellement. » La démarche un peu raide, il attrape la main d'Arielle et l’entraîne derrière lui. Ils sont seulement sur le seuil qu'il la repousse contre la porte et presse son corps sur le sien. Sifflant ses plaintes et ses désirs, il mord dans la pulpe de cette bouche et il glisse des doigts empressés entre le tissu et la peau. « Te prostituer pour une petite exfiltration sans difficulté. C'est… » Et après que le silence et le suspens sont morts : « C'est beau, embrasse-t-il la pommette. On dirait que tu le fais exprès pour moi. » Tachant de s'éclaircir les idées en s'ôtant Arielle de la vue, Adrien perd de son sourire et tire sur la poignée de la porte. [...]

Ils mettent longtemps à sortir. Lorsque l'air nocturne de Paris leur emplit les poumons, il est minuit passée. L'heure progressant, les amateurs d'art se sont enivrés et les couloirs déserts ont finalement été investis, parcourus et battus par des pas innombrables et des rires équivoques. Le bureau déserté, ils ont du serpenter dans un dédale interminable. A proprement parler, ils n'ont croisé personne, mais leur sillage ou leur chemin était toujours hanté par le bruissement d'une conversation, qui s’approchait ou s'éloignait suivant qu'ils revenaient sur leur pas, s'esquivaient ou obliquaient dans une allée plus silencieuse. Sans jamais que sa main n’abandonne celle d’Arielle, Adrien la guide avec une angoisse vissée dans le cœur – et c’est bien l’organe lui-même, exempt de toute sa symbolique. Le palpitant souffre étrangement de leur petite escapade dans le musée, comme si le sang n’existait pas en assez de quantité pour tout alimenter correctement et desservir l’ensemble de son corps. Il fournit un effort considérable pour ne pas s’en inquiéter. S’il se donne le temps d’y penser, de se guérir de la présence d’Arielle et d’endurer le ressac du plus sombre de ce tout ce qu’il abrite, alors il sait que son courage ne pourra plus rien. S’il s’abandonne à un examen intérieur maintenant, cette nuit va l’enterrer sous son désordre émotionnel.

« Rentre, la paume quitte-t-elle la paume à regret. » Ils ne peuvent pas aller plus loin ensemble. Coincés entre deux bâtiments, dont l’un est le Carnavalet, Arielle et Adrien sont abrités des regards badauds par une pénombre spécialement lourde sur cette façade. Toute la rue est illuminée, ce qui ne fait qu’accroître la noirceur de leur cachette. « Je te rejoindrai. Sois prudente. » L’hésitation suffisamment brève pour ne pas alarmer,  il la laisse là pendant qu’il s’engouffre dans la lumière et l’agitation parisiennes.

L’air frais et constellé d’humidité lui entre dans les poumons avec douceur. Malgré la contrariété que lui provoquent ces détours, Adrien a l’âme beaucoup plus calme, frappée d’une certaine paix. Il y a encore quelques heures, il se serait promis un sort terrible et des cauchemars affreux. En en sens, il est encore possible que cela se produise. Cette idée vogue à la limite de son esprit, à proximité de l’horizon auquel il ne fait pas vraiment attention. Il a les tempes pleines d’Arielle, une sensation délicieuse d’envahissement, comme s’il avait pu oublier son existence et que la redécouverte avait le goût fameux de la conquête. Et la candeur est aussi délicieuse qu’elle n’était pas préméditée. Peut-être vont-ils se disputer. Peut-être se lance-t-il dans la gueule de la pire de ses nuits. L’émotion n’en est que plus excellente, le corps apprêté par l’esprit, ou l’esprit induit par le corps, désir parfaitement humain, profond et simple. L’instinct de son être aux devants de son intelligence, de sa mission et de son destin, Adrien se sent libre. C’est cet homme-là qui frappe à la porte d’Arielle plus tard dans la nuit.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Ven 19 Fév - 22:37

Les caresses la font sombrer dans des abysses de tentations auxquelles elle ne s'est pas soumise depuis un épisode qui lui semble lointain. Réminiscences qui éclairent sa mémoire d'escapades révolues, un énième qu'elle devra ancrer à son âme, un parmi tous ces autres qui restent tous et chacun d'exceptions, singuliers et appréciés. Les mains se promènent, savourent et inspectent des parcelles redécouvertes alors que s’articule dans un regard défiant, les prétentions et conditions à approuver pour pouvoir lui dérober sa nuit. Arielle agrippe ses envies, les maîtrise tant qu'elle est en la capacité de le faire. Difficilement. Elle sent l'envie, l'attraction qui joue de sa brutalité pour qu'elle succombe. Mais pas ici, pas maintenant. Et il lui faut un contrôle de soi étonnant pour se discipliner, pour ne pas être dominée par chaque effleurement, chaque souffle qui heurte le sien. La mesquinerie au bord des lippes, elle sourit à la remarque qui n'est que trop vraie. Arielle, maître-chanteur qui a toujours su manier les mots et les situations pour les mettre en sa faveur. Main captive, elle se laisse emporter par les pas qui l'amènent jusqu'à la porte, l'issue de secours, la seule qui permet de quitter le Carnavalet. Chaque contact l'amène un peu plus à se perdre dans des volontés qu'elle ne peut pas permettre dans l'instant. Le corps contre le sien, les phalanges qui se perdent, les frémissements provoqués. « Ce n'est peut-être pas qu'une impression. » qu'elle soupire dans un murmure, l'instant d'après voilé par le bruissement du bois laissant apparaître les couloirs du musée.

L'obscurité camoufle les fuyards, ceux qui ne peuvent se mêler ensemble aux attroupements qui traversent les rues. La florentine se contente d'un signe de tête, l'ombre d'un sourire qui s'esquisse sur les lèvres et un signe de la main pour lui faire signe de s'en aller. Le chemin est le même. Les avenues qu'elle a appris à connaître, depuis toujours ses pas l'ont lié aux pavés de Paris, à sa dynamique et à ses foules qui ne cessent d'encombrer les passages même les plus vastes. Au loin, elle regarde la silhouette d'Adrien disparaître derrière les inconnus jusqu'à ce qu'elle n'en distingue plus les formes, elle en vient à détourner le regard et pénètre dans l'allée. La rue des Francs Bourgeois offre habituellement aux visiteurs et locaux, des magasins vestimentaires de toutes sortes, fermés à cette heure-ci de la nuit et une poignée de bars qui dans l'obscurité, éclairait les dalles de pierres extérieures aux établissements. Les mélodies épanouies, des rires qui se faufilent dans les discussions, des murmures qu'elle discerne alors qu'ils ne lui sont pas destinés, elle tend les oreilles à chaque mot décroché, à chaque tirade susurrées chez ces autres. Elle voit ces individus sortir des lieux publics, elle les suit innocemment du regard alors qu'ils s'enfoncent dans les ruelles rattachées. Tournant la tête, les quelques seniors qui se dirigent certainement vers leur appartement. Soirée terminée pour certains, qui ne fait que commencer pour d'autres, qui reste dans la continuité pour encore d'autres.  En pensant à la sienne, elle a le sourire en coin des lèvres, la risette qu'elle dissimule en baissant la tête vers le bitume pour ne pas paraître niaise vis-à-vis de ceux qui peuvent lui adresser des œillades précipitées. La lèvre inférieure constamment prisonnière des dents avec lesquelles elle fait pression sur la chair, sa démarche se veut aussi bien gracieuse qu'insignifiante, assurée et surtout confiante alors que ses pensées se permettent de voguer ici et là, l'essence pervertie. Elle sait où elle va malgré les chemin qu'elle n'emprunte qu'occasionnellement. La faute à ne pas sortir énormément, la faute à l'asociabilité qui la fait habituellement rentrer chez elle promptement, sans délai supplémentaire à folâtrer. Elle passe près du Musée des Archives Nationales, se permet un regard en direction de l'édifice qu'elle n'a jamais pris le temps de considérer à sa juste valeur compte tenu de sa construction et l'instant suivant, reprend sa marche en tournant à droite. Le dernier boulevard qu'elle doit prendre, la rue des Archives qui porte bien son nom et qui débouche rue de Bretagne. Des bâtiments, des immeubles qui abritent des appartements, dont le sien. Elle borde des commerces qui offrent encore de leurs services, quelques signes de tête pour les faciès qu'elle reconnaît, forcée de les voir à chaque fois qu'elle se décide à mettre un pied dehors. Arielle monte les escaliers, les clés en main qu'elle enfonce dans la serrure, le cliquetis de la porte qui coulisse et qui lui arrache une expression grimaçante. Les traits se durcissent à la vue d'un appartement qu'elle ne prend pas la peine de ranger, harmonie cachée sous tous les bouquins, magazines et vêtements qui traînent sur le parquet que l'on ne discerne plus totalement. Avançant au bout du couloir qui lui permet de rejoindre le salon, du bout du pied, sans même enlever ses chaussures et encore moins son manteau, elle pousse les quelques ouvrages dans les recoins cachés, sous le canapé, sous la table basse, à des endroits improbables qu'elle ne pensera pas à consulter dès lors qu'elle se plaindra d'avoir perdu quelque chose.

On frappe à la porte, le souffle se coupe et le cœur manque un battement. D'un geste nonchalant, elle fait évacuer les dernières crasses qui se sont étalées sur son parterre et se dirige vers la porte d'entrée. Après l'ouverture de la porte, il n'y a pas de retour en arrière. Elle en est consciente, elle donnera ce qu'elle a dit pouvoir donner. Et ce n'est certainement pas l'appel en elle qui la fera reculer, pas la concupiscence qui l'empêchera de bénéficier de quelques nuits où elle pourra balayer les maux, les leurs, par la délectation de deux êtres qui se retrouvent. La poignée qu'elle actionne, elle laisse l'embrasure esquisser la carrure de celui qu'elle ne peut plus attendre. La patience, mise à l'épreuve, se soumet. Il ne lui faut pas plus de réflexions et de pensées contradictoires pour empoigner la serrure qu'elle actionne, laissant apparaître dans l'embrasure la carrure attendue. La paume attrape l'avant-bras et entraîne abruptement, sans peine - Dieu lui-même est conscient du fait qu'il ne se fait pas prier - le florentin dans le couloir de l'appartement. Le gardant prisonnier des phalanges qu'elle a refermé, elle se permet de se pencher dans l'allée extérieure, essayant de distinguer de possibles indiscrets. Néant complet, elle referme la porte d'un mouvement du pied qui fait pression sur la paroi accompagné d'un chuintement qui témoigne de la fermeture. Face à lui, elle glisse son autre main du bas-ventre, jusqu'aux côtes avant de finalement prendre position sur l'une des épaules. La raillerie qui se mêle à la malice sur ses lèvres, son corps se rapproche aventureusement vers celui d'Adrien, la poitrine venant frôler le torse, bassin contre bassin. « Ça m'étonne que tu aies trouvé ton chemin jusqu'ici. » qu'elle énonce d'une voix, basse et à l'intonation séraphique. Quoique, pointe de bravade. « Pas pour m'en déplaire... » Elle effleure le cou de sa main qui est remontée de l'épaule, passe ses doigts délicatement dans la nuque qu'elle frôle de ses ongles. « Mais disons que ça fait longtemps, que tu n'es pas venu. Trop longtemps. » Et à qui la faute ?

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 14/02/2016
∮ PARCHEMINS : 26
∮ PSEUDO : abysses.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Sam 20 Fév - 16:24

Quelques secondes d'attente et il est saisi par le doute. Elle est forcément là et, néanmoins, sa porte reste close. Ce soir, les portes font des adversaires obstinés. Contenant son agitation non-professionnelle, Adrien piétine le seuil, des regards compulsifs pour le couloir et les autres ouvertures, aussi silencieuses, aussi fermées. Il se dit que, malgré l'heure tardive, et à la longue, quelqu'un va bien sortir. Et ce serait un risque inconsidéré, à peu près comme sa présence. D'autres endroits justifieraient mieux de ses errances, tandis qu'une femme telle qu'Arielle Reinhart n'a strictement rien à faire avec un homme tel qu'Adrien Laugier. Cette idée lui trotte entre les tempes, fait son manège et l'oblige à se chercher des excuses. A la course aux prétextes, il n'a pas d'idée miraculeuse et, de toute façon, l'Alliance (les hauts-lieux de l'Alliance) se fichera bien de l'explication qu'il tricoterait. Il tend presque les doigts vers la poignée, tentant l'alternative un peu candide qui consiste à entrer par effraction. Ce que le voisinage penserait n'est rien en comparaison de l'expression qu'Arielle prendrait... Adrien se secoue le crâne, reprend ses doigts et les fourre dans sa poche. C'est l'affaire de quelques secondes et, bientôt (rapidement, en vérité), le battant quitte le chambranle et elle l'attire à l'intérieur sans avoir totalement ouvert. L'inspection inutile, à laquelle elle procède pourtant, le fait sourire, à peu près autant qu'elle le vexe. « Tu crois que je ne connais pas mon métier ? » Ce n'est pas ce soir qu'ils compareront leurs aptitudes, en tous les cas aucune qui ait trait à l'Alliance florentine. Pour le reste, Arielle fait la démonstration de ses talents tactiles et il frémit sous la chaleur retrouvée de la paume. « Ça faisait longtemps que je n'avais pas été invité, dit-il en penchant sur elle. » Le reproche, s'il existe, ne survit pas à la pensée. Sitôt que les mots sont prononcés, les lèvres s'ourlent d'un sourire et il ne reste que l'ironie qui l'a conduit à marchander négligemment de pouvoir passer la nuit avec elle. S'il réclamait quelques heures, Arielle lui a juré l'aube. Conscient que cette promesse ne fait pas leur avenir, Adrien médite son impatience. Il sait que son attitude cavalière n'offusque pas la jeune florentine (et probablement qu'elle la partage) et, cependant, un sens quelconque (de l'honneur, de la prudence ou peut-être du respect pour leurs souvenirs passés) lui commande d'être un peu plus soigneux, et un peu moins cet être en manque d'un autre, si sublime soit cette autre. « Tu m'offres à boire ou je te déshabille dans ce couloir ? » Parce qu'il ne ressent pas le besoin d'être loyal à sa parole, Adrien loge ses doigts dans les plis du tissu et cherche les boutons qui feront céder les remparts de textile. « C'est ce que les gens normaux font, tu sais. » Il mordille la lèvre et souffle, et souffre, contre elle : « S'offrir à boire, je veux dire. Ils ne restent pas dans l'entrée à faire comme si c'était un endroit acceptable pour... » La bouche contre la bouche, Adrien pose un baiser hésitant. Les pupilles rivées à celles d'Arielle, il recommence, avec toujours plus d'assurance, d'envie, de fureur. Quand il l'embrasse, il ne se souvient pas de qui ils sont en dehors des quelques centimètres qu'ils occupent ensemble. Cet appartement peut bien mentir pour eux, et abriter certains de leurs secrets. Ils ne demandent presque rien, et si rarement. Ils ne font aucun mal, et ils ont très peu de temps. Le florentin ne veut gaspiller aucune seconde d'aucune minute d'aucune heure, et quand l'appréhension que la prochaine fois n'existe jamais, ou d'une façon si incertaine, commence à lui lécher la conscience, il attrape Arielle par la taille et la soulève pour l'emporter jusqu'au salon. Quand il la repose sur le sol, ça n'est que pour grincer avec un sarcasme doux-amer : « Tu n'étais pas censée recevoir, c'est ça ? » Bien sûr que non et c'est peu dire qu'il s'en fout. Néanmoins, Adrien tourne les talons en direction de la belle florentine et il la jauge avec cet éclair gentiment moqueur. Sans un mot de plus, il s'assoit et se débarrasse de chaleur excessive de sa veste.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

je cherche la flamme qui viendra m'éclairer l'âme


Revenir en haut Aller en bas

ALLIANCE FLORENTINE
avatar
∮ ARRIVÉE A PARIS : 13/02/2016
∮ PARCHEMINS : 205
∮ PSEUDO : peculiar soldat.

ALLIANCE FLORENTINE
Voir le profil de l'utilisateur

Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   Dim 21 Fév - 0:00

Habiter avec Arielle serait un enfer. Si l'entrée, peu encombrée, donne l'impression de promettre des pièces aussi proprement rangées, ce n'est qu'une illusion qui se brise dès lors que l'on pose le regard sur un proche horizon. D'où elle se trouve, elle peut distinguer le foutoir dont elle en est l'auteure, aperçoit les magazines qui ne sont pas aux endroits appropriés, les livres qui trônent, dans un équilibre des plus hasardeux et inconcevables, des vêtements qui ne devraient pas être exposer à la vue de tous et chacun. Ces derniers se résumant, habituellement et quotidiennement, à sa propre personne qui n'en a que faire du bazar dont elle tient la responsabilité. Peu sont ceux qui ont été invités dans l'habitation et elle compte bien garder les choses de cette façon, ne pas changer des routines dans lesquelles elle s'est installée au risque de tout ébranler dans les jours qui façonnent son train de vie. Exception faite pour lui avec qui elle peut faire un effort pour altérer la poignée de mauvaises habitudes acquises. Les invitations n'avaient pas été données déjà bien longtemps, les rencontres estompées dans des paroles énoncées que l'on ne respectait finalement pas, l'appartement qu'elle gardait pour elle-même alors que les excuses étaient articulées avec une facilité déconcertante. Arielle en a oublié les plaisirs égoïstes, faisant passer tout le reste avant sa personne, avant lui. Avant les propres sentiments éprouvés, cachés et qu'elle a fait taire pour ne pas éprouver l'once de regrets. Les remords qui rongent d'avoir laissé passer les opportunités, d'avoir gâché les instants de fine liberté pour pouvoir être à ses côtés. « On peut rattraper le temps perdu. » qu'elle se permet de souffler, finasserie sur les lippes qui s'étirent dans un mince sourire. Ces moments non-vécus, elle s'en veut de les avoir jeté aux oubliettes, de les avoir condamné à ne jamais exister alors que les délivrances le lui permettaient. A chaque fin de journées alors qu'elle quitte la Loge, à chaque escapades imprudentes alors qu'elle se faufile dans les allées, elle pense à Adrien. Mais les commissions de l'Alliance s'accaparent de l'esprit et de la conscience, la poussant à rentrer chez elle en traînant des talons. Pas ce soir. Pas cette fois-ci. On cherche à lui enlever les épaisseurs, les lèvres se frôlent et se heurtent, se cherchent et se trouvent en ne prenant pas quatre chemins pour être réunies. Les phalanges hésiteraient presque à remonter sur l'avant-bras mais viennent tout de même se loger sur le torse du florentin alors que l'autre paume garde sa position à l'arrière du crâne. Elle est amenée jusqu'au salon, durant le trajet en profite pour laisser le bout de ses doigts lutiner ici et là, rejoignant la nuque, les paumes qui ont conscience des trajets empruntés malgré les mouvements qui semblent confus. Reposée, elle lit dans le regard et surtout l'expression? cette remarque énoncée. Les bras qu'elle croise, en fronçant doucettement les sourcils, légèreté des traits qui se creusent et qui raffermissent son allure, elle plisse légèrement les yeux comme pour le juger sans, pour l'instant, répondre au commentaire. Elle l'observe faire, s'assoir en retirant sa veste qu'elle tend l'une de ses mains vers lui pour attraper le vêtement qu'elle compte accrocher... quelque part. Un porte-manteau, si elle peut en trouver un en balayant de ses prunelles claires et averties les passages qui s'offrent à elle. Arielle contourne le canapé, en profite pour enlever ses chaussures sur le minuscule trajet qu'elle effectue pour aller déposer la veste dans un recoin de la pièce qui n'a pas encore été attaqué par sa désorganisation. « Effectivement, ce n'est pas comme si j'avais prévu d'avoir une quelconque visite ce soir... » Restant au même endroit, elle en profite pour elle aussi enlever le manteau qu'elle a arboré durant la soirée et le pose quelques centimètres plus loin. Passant sa main dans ses cheveux dont la coiffure manque de s'écrouler, elle en enlève le peu d'accessoires pour les relâcher. Un soupir exprimé, elle se passe l'une des mains dans la nuque comme pour se soulager des tiraillements que son crâne a subi durant la journée. « Par le fait, j'espère que tu peux comprendre que je n'ai pas vraiment de boisson à t'offrir. » Elle hausse les épaules, pour elle-même et très sûrement parce qu'elle se dit que ça n'a pas une réelle influence sur le court des évènements. « Sauf si de l'eau fade, ça te convient. » Les pas qui se veulent discrets sur le parquet qui n'est pas de cet avis, grince dans les mouvements qu'elle effectue et à chaque fois qu'un pied se lève du sol pour se reposer plus loin, elle se met derrière le canapé où Adrien est assis et se penche en l'entourant de ses bras. « Mais je peux fournir d'autres... services ? » Elle a posé son menton sur l'une des épaules du florentin, a légèrement tourné la tête pour pouvoir occuper ses lèvres dans le creux de son cou. Le souffle chaud qu'elle chavire sur la peau, elle redresse faiblement le visage pour que sa bouche atteigne le seuil de l'oreille. « A moins que tu tiennes vraiment à boire quelque chose. » Elle regarde du coin de l'œil un profil que trop contemplé, s'humecte les lèvres du bout de sa langue tandis que sa bouche glisse sur le lobe de l'oreille, succombant finalement à l'envie de le mordiller.

━━━━━━━━━ ❃ ━━━━━━━━━

think of a million random acts of chance. think of the million random choices that you make and yet how each and everyone of them brings you closer to your destiny. do you know why that is ? because it's not random. it's not chance. it's a plan that is playing itself out perfectly.


Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



Sujet: Re: - hide away, like a ghost (adrien) -   

Revenir en haut Aller en bas
 
- hide away, like a ghost (adrien) -
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» GHOST ISLAND
» Animation Ghost Stories
» GHOST IN MY HEAD (ft. THE peacekeeper)
» Ghost in the shell : un remake en live ?
» Adrien.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
INTO THE PAST ⌛ ex hoc momento pendet aeternitas :: 3ème arrondissement-
Sauter vers: